Libération des Hautes-Alpes

Après la libération de Gap, une grosse angoisse.

 

Les Allemands de Vizille apprenant que la ville de Gap était encerclée par les Français, décident d’intervenir avec une grosse unité de soldats, aidée en cela par une autre unité (une centaine de soldats environ) qui était basée au Col Bayard. C’est d’ailleurs ce groupe qui avait prévenu Vizille. Sur la route Napoléon, aux dires des témoins cette colonne allemande s’étirait sur plusieurs kilomètres. Donc Gap à peine libéré se retrouve sous la menace à nouveau des Allemands et un doute commence à naître dans la population. La libération est-elle bien acquise ?Par contre les Allemands de Briançon ne peuvent pas intervenir car tous les ponts ont été dynamités par les maquisards quelques jours plus tôt.Les Résistants vont tout faire pour retarder voire stopper cette colonne dans le Champsaur. La libération pourrait être remise en cause s’ils arrivaient jusqu’à Gap. C’est dans ces combats qu’il y aura le plus de morts côté français.

 
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Mouvement des troupes Alliés

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Voilà comment la situation est décrite (de façon compliquée d’ailleurs) par le journal Allobroges de Grenoble du 25 Août 1944.« A 18 heures, le 20 Août, à l’approche des Allemands, les FFI qui se trouvent dans la vallée du Champsaur, donnent l’ordre aux villages situés sur la route Napoléon d’évacuer femmes et enfants. Les boches remontent la vallée. On sait que tout le long les groupes FFI sont installés et ne laisseront pas arriver l’ennemi sans difficultés. L’embuscade est partout. Les agents de liaison passent et repassent, donnant les consignes. Les Allemands approchent de Chauffayer…pour l’instant ils sont à St Firmin. Dans tous les villages du Champsaur l’émotion est grande.»

Le journal continue « Les chars les plus avancés arrivent à Chauffayer, 3 km devant. Les Allemands remontent cette longue ligne droite, traverse le village. Ils sont traqués de toute part. Ils sont arrêtés par les FFI de St Firmin, retenus longtemps et finalement dispersés par le groupe Molines et les 2 groupes FFI de Chauffayer. Une partie de la colonne des Allemands arrive malgré tout jusqu’au village des Costes mais à la nuit tombante, les FFI de Chauffayer attaquent et les prennent à revers par le village de Lacou ». Dans la nuit de dimanche à lundi, à 3 heures, les Allemands rentrent au hameau des Barraques. Heureusement les maisons sont vides : ils éventrent les portes, pillent les habitations, tirent sur les quelques civils qui sont là »Le journal continue ainsi :« Une autre partie de la colonne allemande arrive au village des Bonnettes. Elle est attaquée par les FFI de St Bonnet, couverts par le groupe de La Fare. Cette colonne est arrêtée de 3h à 7h du matin.De nouveau pris à partie par les FFI dans le village de La Laye, ils effectuent une retraite rapide et se replient sur le village des Baraques où les allemands se livrent à leurs derniers actes de pillages ».Le journal précise « ils effectuent une retraite » à Laye, sans plus ! En réalité ils viennent d’apprendre que Gap est tombé le 20 Août et que les Américains sont là, en train de passer le col Bayard face à eux. Ils font demi-tour.

Voici le témoignage intéressant que m’a adressé Paul Motte alors âgé de 15 ans en 1944 «  Pour la petite histoire je vous indique que j’ai suivi depuis un hameau de St Bonnet à l’aide d’une longue vue la montée de la colonne Allemande stoppée à mi-côte de la montée de Laye. J’ai vu les soldats s’arrêter dés le premier coup de canon Américain qui a détruit le clocher de Laye. La troupe s’est dispersée en se terrant dans les haies de bordure et a rebroussé chemin plus rapidement qu’elle n’avançait quelques minutes auparavant. Les habitants de Saint Bonnet évacués étaient depuis la veille hébergés dans les villages et entendaient des informations souvent différentes selon les porteurs de nouvelles »

Donc l’action des résistants le long de la route Napoléon a été déterminante. Gap est vraiment libéré et les troupes blindés US Butler aidés par le 11eme cuirassier du commandant Geyer ( FFI ) passent le col Bayard avec une « route Napoléon » dégagée. Jusqu’à Grenoble ils n’auront pas un seul blessé.

C’est la libération du Champsaur !

Les habitants du Champsaur étaient en liesse en voyant remonter tous ces engins militaires américains, synonyme de liberté « dans le ronronnement incessant des blindés » précise le journal Allobroges.« Aux Barraques de La Fare, une partie de la population du Champsaur est groupée pour acclamer les FFI et les américains au passage. Partout des fleurs et des drapeaux. Un soulagement s’exhale des poitrines » (journal Allobroge de Grenoble du 29 Aout 1944 ).

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M. Paul Motte m’a adressé un 2eme témoignage également intéressant sur cette remontée « je vous donne le récit de l’aventure dramatique au dénouement heureux dont ont été victimes Emile Bertrand et feu Henri Beaume de St Bonnet. Ces faits ont été évoqués dans le film « Si les montagnes pouvaient parler » par les acteurs. Ces deux hommes ont fait partie des Résistants qui ont harcelé la colonne allemande tout au long de la RN 85 et ont été arrêtés par une patrouille puis mis en joue devant le monument des Barraques. Le responsable du peloton fit déplacer les deux victimes au motif que fusiller des terroristes devant un monument était un trop grand honneur. Ceci sauva la vie de ces deux hommes qui à la faveur d’une distraction et de la nuit tombante purent s’échapper. Le dernier témoin vivant porte encore sur la tête une cicatrice provoquée par une balle qui lui a brûlé le cuir chevelu. La chance était au rendez-vous. » Les Allemands remontent vers Vizille talonnés par les Alliés et retardés par les attaques incessantes des maquisards le long de la route.

Libération de Saint Bonnet en Champsaur

Liberation du Champsaur-copie-1

Cette photo m’a été adressée par un Champsaurin. Il s’agit de la Libération de Saint Bonnet et probablement de la trentaine Piot. Le maquisard qui tient un bébé dans les bras est Jean Roux (cousin d’Aimé Roux).

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Libération de Corps

Liberation des Alpes

Tout le village est là pour les acclamer

Liberation-de-Corps.jpgLe cliché en haut et à droite m’a été adressé par M. Jacques Gazel. Voici ce qu’il m’écrit: » la jeune femme qui tend la main à l’équipage du char est la jeune Etiennette Combe qui allait devenir Madame Mei femme du pharmacien du village jusque dans les années 75…et la mère de mon excellent ami François Mei, ex secrétaire de la mairie du village …».

La traversée du village de Corps

Cette poursuite s’est faite jusqu’à Vizille où les Allemands ont été cernés par les FFI de La Fare, de St Bonnet en collaboration avec ceux de l’Oisans. Dans la ville, les Allemands se sont réfugiés dans le château. Un courrier reçu d’un habitant de Corps nous raconte la suite « les Allemands avaient très peur de se rendre aux FFI du Champsaur, de l’Oisans, de Grenoble et d’être finalement tous tués. Ils ont donc trouvé refuge dans le château et ont attendu les Américains qui seraient plus cléments. Mais avant d’arriver au château, mon Dieu, ça claquait et pétaradait de tous les côtés. Quelques heures plus tard, voyant au loin les américains arriver, ils ont sorti le drapeau blanc et se sont rendus ! »

Château de Vizille

ENFIN LA LIBERATION pour les Hautes Alpes!

Quelques Reflexions.

1 / Les américains semblent tarder à rattraper les Allemands sur cette route Napoleon.Effectivement, lorsqu’on lit cet article du journal « allobroges de Grenoble » on a le sentiment que les Allemands sont en grandes difficultés face à la résistance Française. Ils sont attaqués de toute part, harcelés jours et nuits, au point finalement d’être neutralisés à Vizille.
Les Américains semblent par contre avoir la route dégagée. Ils attendent pourtant 86 km, c’est à dire Vizille, pour les attaquer. En voici l’explication : les Alliés ne croyaient pas trop à l’efficacité de cette armée « hétéroclite » de civils FFI. Les militaires US avaient donc établi leur calendrier en comptant surtout sur leur force. Ils se sont trompés. D’où le retard des convois, dû aux difficultés d’approvisionnement en carburant qui peinait à suivre. Marseille et Toulon qui sont des ports en eaux profondes ne seront libérés que le 28 Août 1944. A partir de cette date les choses iront beaucoup plus vite.

Les bateaux américains ont accosté dans de très mauvaises conditions. Tout est déchargé au compte goutte.

2 / Autre précision. Devant l’efficacité des 2 débarquements (Normandie et Provence), Hitler donne l’ordre à ses troupes de remonter vers la frontière Nord-Est pour défendre le pays. Les troupes remontent donc par la vallée du Rhone, le Champsaur, Luz la Croix Haute, de toutes parts. Toutefois 2 villes ont reçu l’ordre de résister : Toulon et Marseille car ce sont des ports stratégiques, en eaux profondes qui faciliteraient l’approvisionnement Alliés. Hitler a exigé que ses troupes se battent jusqu’au bout, sacrifiant littéralement ses hommes. Les chiffres malheureusement sont parlants. Pour la libération de Marseille (qui eut lieu le 28 Août 1944 comme Toulon) on déplore 4000 morts côté français, et 7000 morts côté allemands.La remontée des Alliés fut rapide et la jonction avec les troupes de Normandie se réalisa le 12 septembre 1944, soit 26 jours après le débarquement de Provence. 40.000 allemands furent piégés par cette jonction.

3 / Un rappel: la fatigue des soldats était extrême car l’affrontement s’est déroulé jours et nuits, sans arrêt, pendant plusieurs semaines. Il ne faut pas oublier que beaucoup de soldats se déplaçaient à pied, faisant 30, 40 km à pied par jour et parfois plus avec armes et barda sur le dos. C’est aussi pour cette raison que les Américains ne pouvaient pas remonter vers le nord plus vite que ne le leurs permettaient les fantassins.

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-5 / Paul Héraud : chef de la Résistance dans le Champsaur.  Cliquez ICI .
-6 / Pierre Poutrain  : un Résistant exceptionnel….fusillé le 19 juin 1944 : Cliquez ICI  .
-7/ Paul-Marie Radius : Saint-Cyrien, Grand Résistant…..fusillé le 10 juillet 44 à 24 ans. Cliquez ICI .
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-9 / Léon Michel : ancien résistant passé à la Gestapo. Une histoire sidérante.  Cliquez ICI.
-10 / Ange Zanotti : résistant dans le Champsaur. Lettre de sa famille Cliquez ICI .
11/Aimé Roux : résistant dans Champsaur, mort en Indochine Cliquez ICI.
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