Champoléon

La belle vallée de Champoléon.

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On ne peut rester insensible à la beauté de cette vallée sauvage au fond de laquelle chemine le « Drac Blanc ».

Robert Faure décrit cette vallée, dans son livre Encyclopédie du Champsaur .(vous pouvez cliquer sur le titre), de la façon suivante : « Champoléon est un espace sauvage, un étroit ruban entre les versants escarpés, …..cette vallée tourmentée mais authentique est appréciée pour le calme de son environnement et son pastoralisme vivant ». 

J’ai eu la chance de revoir (et de photographier) cette vallée en présence de Robert Faure, qui me donnait au fur et à mesure ses explications d’historien. Beau souvenir……que je vais vous partager..  

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Champoléon n’est pas un village, comme beaucoup le croient, mais une vallée composée  de nombreux petits hameaux : Les Eyrauds, Les Martins, Les Garnauds, Les Borels qui est le hameau le plus central, Les Gondoins (ou Gondouins), Le Châtelard,  Les Fermons, Les Gubias, Les Baumes, Les Clots qui est le dernier petit hameau au fond de la vallée, mais non des moindres par son charme sauvage. Ensuite c’est le point de départ de multiples promenades et escalades……..

 

Engageons-nous dans la vallée. 

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Avez-vous remarqué la largeur du Drac ? Ce cours d’eau est redoutable en certaines saisons. M. Faure nous rappelle dans son encyclopédie « qu’en 1348, l’eau du Drac fait de tels dégâts que les habitants veulent quitter le pays. Le futur Louis XI doit intervenir. Dix ans plus tard, près de l’église, l’inondation renverse une vingtaine de maisons où disparaissent 11 familles. Toujours en 1348, au village de Clapier, envahi par les eaux, 22 personnes meurent ensevelies sous les gravats. En 1790, le jour de la fête de la Toussaint, le Drac emporte l’église, son clocher, le cimetière et emporte les cercueils. En 1928, en 1963 et en octobre 2006 le Drac provoque de nouveaux dégats ».

 

Champoléon : un ensemble de hameaux.

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Cet ensemble de belles photos a été pris par Robert Faure.

 

 Le premier hameau : les Eyrauds.

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  Belle maison au toit pentu……l’hiver est enneigé effectivement. La route qui mène jusqu’au fond de la vallée fait environ 9 km.

Les Martins

Quelques kilomètres plus loin, on trouve ce petit hameau des « Martins » bien blotti autour de sa chapelle. Il faut quitter la route principale (la D944A), et prendre ce petit chemin.

 

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Beaucoup de charme……

 

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Cette chapelle a été construite en 1818. Je n’ai pas pu malheureusement la photographier à l’intérieur…..même à travers les vitres.

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N’ayant pas assez de recul, cette photo a été prise avec un appareil « grand angle » et la photo est déformée. Elle aura le mérite, malgré tout, de faire découvrir cette belle façade. La vallée de Champoléon a été un foyer très important de la Résistance en 39-45. Lorsqu’on parle de Résistance dans le Champsaur, on pense au groupe de Champoléon. Dans ce groupe il y avait le Père Ludovic qui disait la messe tous les jours.  Les maquisards n’ont pas utilisé à ma connaissance cette église mais celle des Borels et celle du Chatelard. Nous allons y revenir car il y beaucoup à dire. Des photos exceptionnelles de 1942 arrivent…….

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Toujours aux « Martins » une belle ferme restaurée.  Il y a de nombreuses photos de propriétés privées dans cet article. Si vous désirez que je retire telle ou telle photo vous pouvez m’écrire à glaizil@hotmail.fr . Mais ce serait dommage…….  :-)

Champoleon-martins.jpgUne habitation récente. Certes la vallée est habitée par des agriculteurs et des éleveurs. Mais de plus en plus d’amoureux de la nature s’intallent ici et  travaillent en ville.  Lors de mon périple dans la vallée (je ne parle pas de cette maison précisément), plusieurs personnes m’ont signalé travailler à Gap ou à Saint Bonnet et même l’une d’entre elle (aux Gondoins) à Manosque…..1h30 de route le matin et le soir. Mais l’amour de la nature, semblait dire chacun, n’a pas de prix.
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Retour sur mes pas. On découvre la vallée dans l’autre sens.

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Et je reprends la route vers le fond de la vallée…….

Carte-champoleon2.jpg  Carte trouvée dans le livre « Encyclopédie du Champsaur » et sur laquelle ont été rajoutés le nom des différents hameaux de la vallée.

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….pour arriver aux Gubias.

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Aux Gubias, le hameau accueille les touristes avec un mouton grand format…..original. 

 

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Les Gubias. Nous voyons au fond de la vallée le majestueux sommet des « Choussières vertes » . Eh oui, j’ai oublié de dire que nous sommes dans le Parc National des Ecrins. M. Robert Faure rappelle « que la vallée est très appréciée par les randonneurs curieux de rencontrer des chamois, des bouquetins, des marmottes (qui pullulent dans le Champsaur)……..de pêcher la truite, de s’égarer dans les sous-bois pour cueillir  framboises et airelles, d’oser le rafting sur les eaux fougueuses du Drac, d’aller oser explorer en spéléologue le « gouffre des corneilles » et les différentes galeries du parcours souterrain du torrent de Malcros, …….d’aller randonner aux refuges-chalets des Tourronds (1h30 de marche) ou jusqu’au lac de Crupillouse (4h de marche)…. »

 

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Les vieilles fermes sont pour la plupart restaurées. 

 

Ferme-aux-Gubias-champoleon.jpgLa même ferme vue par derrière. Ce plan incliné pour monter à la grange, m’a impressionné  par son côté massif.

 

Champoleon-gubias.jpgLa vallée vue dans l’autre sens.

 

Prochaine étape, les Borels. 

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C’est certain, je m’arrête. J’ai tant de choses à découvrir et à dire sur ce hameau…… 

 

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Les Borels. Voici donc ce haut-lieu de la Résistance. J’ai écrit un long article sur le sujet et je vais vous en faire un résumé succinct. 

De 1939 à 1941 : La Résistance dans le Champsaur aura du mal a se mettre en place.  Plusieurs réseaux s’organisent avec beaucoup de difficultés, indépendants les uns des autres malheureusement, à partir d’affinités géographiques, politiques, humaines. 

A partir de 1941 et surtout 1942, le réveil se fait sous l’effet de plusieurs facteurs. 1 / Les Français découvrent les exactions des SS et la barbarie de leurs actes …….c’est l’humiliation et surtout la colère. 2/  Hitler attaque le 10 juin 1941 l’URSS malgré un pacte de « non agression ». Jusque là les communistes français étaient réservés. Ils se décident donc à entrer massivement dans la résistance en créant leur propre réseau. On sait à quel point ils prirent une part importante dans la libération de Paris ……au point de faire peur à De Gaulle. 3/ Le débarquement des alliés en Afrique du Nord le 11 novembre 1942, pousse les allemands par prudence à dissoudre l’armée française d’armistice. Ils envahissent le sud de la France qui était en zone libre. Conclusion, les casernes se vident et rejoignent le maquis. 4/ Enfin l’institution le 20 février 1943 du « Service du Travail obligatoire » pour les hommes de 20 à 23 ans. Beaucoup refuseront le STO et rejoindront la résistance intérieure.

Jusqu’en septembre 1943, ce sont les Italiens qui occupent la région. Avec eux, les choses se passent bien, ils ferment les yeux sur beaucoup de choses. D’ailleurs à la fin de la guerre certains reviendront en France pour aider la Résistance à chasser les allemands !

Les allemands arrivent dans la région (qui jusque là elle était en zone libre) en septembre 1943.  La Résistance se durcit, s’organise, s’arme.

Champoléon va donc être au centre de cette résistance dans le Champsaur. Le 13 novembre 1943 Champoléon est bombardé…..voir plus loin les circonstances.

En juillet 1944, trois mois avant la libération, le colonel Drouot Lhermine qui arrive de la Drôme pour fédérer la Résistance, la réorganiser, installe son Quartier Général à Champoléon. 

  Stelle résistants Champoléon

Le Champsaur, voulant perpétuer le souvenir de cette Résistance a apposé sur le pont de Corbières (à l’entrée de la vallée) une stèle commémorative. Nous allons y revenir un peu plus loin en particulier pour parler de la chapelle du Chatelard. Pour lire l’article sur la résistance CLIQUEZ ICI.

 

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L’église des Borels. 

 

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  Silence complet.

Robert Faure me rappelle qu’un évènement terrible a eu lieu aux Borels. En 1790, le jour de la fête de la Toussaint, le Drac a emporté l’église, son clocher, le cimetière emportant au passage plusieurs cercueils. 

Une anecdote racontée par le colonel Sassi concernant cette église et la résistance «  Lors de la libération de Gap, j’étais à la tête de 50 hommes auquel s’était joint le Père Ludovic, le curé de Champoléon.  Un caractère ! Le mois précédent, il nous avait offert 200 fusils Lebel 1907….qu’il avait dissimulés dans la crypte de son église. Ce 20 Août (lors de la libération de Gap), il faisait le coup de feu en soutane et se battait comme un forcené….. ». A l’intérieur du Lycée (où les allemands s’étaient rendus) , ce prêtre, par un hasard incroyable « …..a aperçu des objets religieux qui dépassaient du paquetage d’un allemand et qui avaient été pillés dans son église. Il était furieux. Il a récupéré son bien, mais il aurait pu flinguer le bonhomme tant il était en colère ». ( propos trouvés dans le livre de Jean-Louis Tremblais ) . 

 

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Belle photo. Cette croix nous rappelle le passage d’une mission d’évangélisation en 1895. 

 

Restaurant-auberge-des-Borels-champoleon.jpgEn sortant de l’église, sur la droite, la Mairie et l’Auberge restaurant des Borels.  

 

Sur le côté gauche, la « Maison du Berger « 

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La « Maison du Berger » a été installée dans une vieille ferme rénovée de Champoléon, la maison Pourroy, en hommage au pastoralisme et à nos racines. Elle a été inaugurée le 27 octobre 2007. Déjà on peut trouver là : musée du mouton, photos, témoignages sonores, vidéos sur la vie des bergers d’alpage, repas avec plats régionaux…

Mais  la « Maison du Berger«  va avoir aussi une vocation pédagogique. Ouverte en avril, elle formera les nouvelles générations de bergers… des bergers devenus indispensables. Succès assuré à cette école. Les provocateurs ne disent-ils pas : « Plus il y aura de loups, plus on aura besoin de bons bergers! ». Pour l’article de Robert Faure sur la « Maison du Berger » vous pouvez cliquer ICI.
Robert Faure parle également dans cet article du retour du loup dans la vallée.

 

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Juste à côté de l’auberge, une batisse plus imposante.

 

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Nous reprenons la route pour aller vers le fond de la vallée. 

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Traversée du Drac et parking des Fermonds. C’est le point de départ de randonnées vers la vallée du Tourrond et de son refuge. Depuis l’âge du «Bronze Ancien»  (2500 avant Jésus-Christ) de nombreux petits ouvrages en  pierre, abris et jas  témoignent d’un pastoralisme actif  dans tout Champoléon : jas des Pierres, Jas du Cros……la vallée du Tourrond n’est pas en reste  de ce passé archéologique. Il demeure d’ailleurs aujourd’hui le vallon pastoral le plus important de la commune avec environ  800 brebis emmontagnées  chaque année. Depuis les années 50, ces troupeaux ne sont plus gardés par un berger mais juste surveillés ponctuellement par les  éleveurs.

Champoléon attaqué par les allemands le 13 novembre 1943.

Les allemands sont arrivés dans les Alpes en septembre 1943. Jusque là, la région de Gap était occupée par les italiens. Avec ces derniers, tout se passait relativement bien…..ils fermaient les yeux sur beaucoup de choses. La Résistance s’organise mollement peut on dire.

Resistants-des-Tourronds.jpgLes résistants du chalet d’alpage de Tourrond.

Mais lorsque les allemands arrivent, tout change.  Ils comprennent qu’une Résistance importante s’est organisée à Saint-Jean-Saint-Nicolas. Ils font une première descente dans cette commune le 12 novembre 1943.

C’est après n’avoir réussi qu’à moitié leurs assauts contre le presbytère de Saint Jean et les locaux de Prégentil que les Allemands, furieux de n’avoir pu capturer les résistants qui auraient pu s’y trouver, décidaient d’aller parachuter des soldats pour bombarder et incendier le vieux village de Méollion et les chalets d’alpage du Tourrond situés à 1712 mètres qui servaient de refuges aux résistants du Champsaur.

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Nous arrivons sur deux hameaux qui se touchent : en bas Les Gondouins, en haut Le Chatelard  où se trouve la fameuse chapelle des maquisards.

 

Les Gondoins (ou Gondouins). 

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Les montagnes sont proches. 

 

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 La bifurcation entre les deux hameaux, Le Chatelard en haut à gauche. A remarquer les deux orthographes :  « Les Gondoins » de façon officielle, et les « Gondouins » orthographe des gens du lieu.

 

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Même au coeur du village, la nature ne perd pas ses droits.

 

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La belle chapelle des  Gondouins. J’ai été accueilli très aimablement par les habitants malgré l’heure du repas…..et ils ont eu l’amabilité de m’ouvrir les portes de la chapelle ! Cette photo a été retouchée : j’ai retiré deux voitures (eh oui !) un gros poteau électrique qui se trouvait en plein milieu avec ses nombreux fils. Retirées également de nombreuses chaises de couleur orange……Voilà qui va mieux pour un tel paysage. 

 

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Une chapelle toute simple en montagne. Et toujours ce silence…..Je pense que le tableau représente le baptême de Jésus  par Saint-Jean-Baptiste. Robert Faure signale que cette chapelle date de 1701.

 

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J’ai pris cette photo pratiquement sur le parvis de l’église. Belles habitations restaurées. La pente m’invite à descendre jusqu’en bas du village. 

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Le bas du village des gondoins

Restaurant-des-gondoins.jpgL’auberge et gite des Gondoins.

 

 

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Une heure plus tard la salle était pleine et l’ambiance chaleureuse. Pour ceux qui font de grandes randonnées dans le coin il semble que ce soit le lieu idéal pour être hébergé et rester très proche de la nature.

 

Puis je remonte vers Le Chatelard

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 Le Chatelard

Ce hameau se trouve juste au dessus des Gondoins. C’est là que se trouve la chapelle des maquisards

Allons à sa découverte…….

 

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Encore un hameau de Champoléon qui a beaucoup de charme. Robert Faure dit volontiers que Champoléon est la  plus ZEN des vallées alpines. Je suis d’accord avec lui……

 

Chatelard.jpgJe remonte vers le haut du hameau pour voir cette fameuse chapelle.

 

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L’ancienne ferme champoléarde : authentique et toujours robuste. Celle-ci date de 1833 : elle a 178 ans et aucune ride.

 

La chapelle des maquisards. 

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Voici donc cette fameuse chapelle des maquisards. Elle se trouve au sommet du village. Beaucoup de choses à dire…..L’accès à cette chapelle se fait par un terrain privé, les habitations étant sur la gauche. La propriétaire m’a laissé passer avec beaucoup d’amabilité… et m’a ouvert les portes de la bâtisse.

Le site « Chapelle.Provence » indique 1943 comme étant sa date de reconstruction.

  

Son architecture est unique dans le Champsaur. Robert Faure me l’a confirmé en me précisant qu’elle avait peut-être été inspirée par certaines chapelles de l’Oisans

  

En 1943 (donc), cette chapelle était en ruine et les maquisards n’ont fait que la reconstruire. Plusieurs personnes m’ont signalé que la reconstruction de cette chapelle avait été un bon alibi pour leur activité de Résistance. En effet en cas d’arrestation, elle pouvait expliquer la présence d’un groupe d’hommes jeunes, tous ensemble au même endroit. 

Le Père Jean Robin faisait parti du groupe de résistants et guidait les travaux. A priori son nom de maquisard était Ludovic. Un internaute m’écrit « ……. Après re-lecture de la liste d’attribution des récompenses FFI, il s’avère que le patronyme ROBIN a pour pseudo de guerre Ludovic. Je suis donc maintenant quasi-certain que le père Jean ROBIN était le maquisard Ludovic ».

 

 

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Eh oui, lorsqu’on entre dans ce lieu, ce n’est pas neutre. Que de choses s’y sont déroulées !

Le groupe.

Selon différents témoignages ce groupe avait tissé des liens d’amitié hors normes. Je vous en livre quelques-uns.

Le père Poutrain, en les voyant s’entendre si bien, prêts à rendre service à tout moment et parfois au péril de leur vie, disait d’eux dans son livre, (intitulé « La déportation au coeur d’une vie »)  : »quelle belle jeunesse….. « .

A propos également de ce groupe,

je cite le livre de Léon Specklin ( 22 ans à l’époque )   » A Champoléon, il y avait deux camps de maquisards : un aux Tourronds et un autre aux Méoullions ( le groupe de Prégentil se joignait souvent à eux )…. Un matin nous nous sommes retrouvés dans le bois au dessus du pont de Corbières, nous présentions les armes au Colonel Descours, un des commandants du Vercors.  Le soir nous avons transporter des armes cachées dans une grotte et nous les avons déposées avec l’aide des 2 maquis dans une cachette non loin des Borels. Un autre soir nous eûmes aux Garnauds  la visite du père du sous-Lieutenant Vollaire , un ancien colonel de réserve……Il nous disait son espoir d’une victoire prochaine, et nous rappelait que nous aurions une carte importante à jouer ....les responsables militaires savaient qu’ils pouvaient compter sans réserve sur les jeunes résistants de la vallée ….« 

 

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Cette photo date de Février 1943. Pierre Poutrain, debout, deuxième à gauche, était le responsable du groupe. 

Un beau témoignage concernant Pierre Poutrain  » …..il  était d’une serviabilité  et d’une qualité humaine peu communes. Le soir, alors que tout le monde était fatigué de la journée, il prenait son sac à dos et allait chercher à pied à plusieurs kilomètres ce dont  le groupe avait besoin pour manger. Chargé comme une mûle il revenait au milieu de la nuit. Et souvent c’était lui qui réveillait au petit matin tout le monde alors qu’il avait très peu dormi ».

Son frère le Père Louis Poutrain rajoute sur lui « Cet homme volontairement pauvre était un homme de prière ….. Il n’était jamais seul. Constamment en conversation avec Dieu : il puisait là le rayonnement de douceur  et de bonté qui émanait de sa personne  et aussi la candeur de son regard. Il y puisait cette constance dans le service d’autrui  qui le rendait toujours disponible……. Chez ce frère plein de délicatesse, l’annonce de mon arrestation et de ma déportation, a fait un choc. Elle provoqua une blessure infiniment douloureuse. Je fus au coeur de ses pensées ».  Il fut capturé dans la cabane où il se cachait  et fusillé le 19/06/1944, après avoir été torturé.

 

Je redescends du Chatelard .

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Une fontaine qui a beaucoup charme.

 

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Quelle verdure en plein mois d’Août !  Je continue ma marche vers le bas du Chatelard.

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A 100 mètres de la chapelle des maquisards, lorsque j’ai découvert ce panorama, j’ai pris conscience que la surveillance des allées et venues se faisait sans problème. Pour les Résistants c’était une sécurité…..aucun doute.

 

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Ce cliché tout simple, n’est pas franchement esthétique….et pourtant.  Les tournesols au premier plan, la chapelle des maquisards que l’on devine  (cercle), cette montagne subitement proche et imposante……. Finalement je vous partage ce cliché.

 

Ferme-le-chatelard-champoleon.jpgPaysage alpin typique. 

 

 

Une dernière photo avant d’aller au hameau des Fermons.

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Le hameau des Fermons

Ce hameau se trouve un peu à l’écart de la route de la vallée.

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Dans la vallée de Champoléon, l’orientation et l’exposition au soleil offrent des versants très contrastés. L’Ubac, pente ombragée et relativement boisée, demeure hostile et peu accessible. C’est le refuge apprécié des chamois, des tétras-lyre ou encore du merle à plastron. L’adret, plus ample et plus ensoleillé, est dévolu au pastoralisme. C’est le domaine de prédilection des marmottes, des bartavelles et du merle de roche. Tous ces contrastes donnent à la vallée une richesse floristique exceptionnelle, une beauté unique.

 

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Le pot de fleurs ne se trouve pas là par hasard. Il est juste au dessus d’une fontaine. N’ayant pas assez de recul pour avoir en premier plan la fontaine, je me suis contenté du pot de fleurs.  

 

 

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Ferme restaurée. 

 

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Le contraste entre cette nature omni-présente et la modernité m’a surpris. Voici donc une belle photo. D’ailleurs un article sur les véhicules du Champsaur a été ouvert : pour le lire cliquez ICI .

 

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Une remise pleine de charme avec son toit en lauze (pierre) que l’on trouvent surtout en montagne. Ils sont très résistants aux intempéries et isolent relativement bien. Par contre le matériel est lourd et justifie un entretien régulier. D’ailleurs le toit de cette remise montre des points de faiblesse…….pour ne pas dire plus. 

 

Le hameau des Beaumes 

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La remontée de la vallée (9 km) nous fait découvrir le hameau des Beaumes. Le soleil a tourné, il est environ 17h, et la vallée paraît encore plus belle. C’est un plaisir de faire des photos dans un tel endroit.

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  Le hameau des Beaumes.

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Nous arrivons au fond de la vallée et la paroi rocheuse se fait très proche. Les éboulements sont fréquents sur le secteur : routes et sentiers doivent être entretenus régulièrement. Robert Faure me rappelait à ce propos que  tout au long des siècles, les Champoléards n’avaient cessé de voir leurs routes coupées et leurs maisons écrasées……… Et de me rappeler le dramatique retour de baptème au cours duquel tous les participants avaient péri. Mais cela se passait dans l’autre vallée du Drac, sur la route de Prapic.

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  Cette photo du hameau des Beaumes a été prise un peu plus tôt dans l’après-midi.

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Nous reprenons la route. Nous sommes presque au fond de la vallée.

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Belle cascade. Un camping-car des années 60 avec un gros tag « Peace and Love » inscrit sur la carosserie, stationnait près de la route. Les jeunes de ce véhicule observaient la montagne avec des jumelles énormes posées sur un trépied. Manifestement ils observaient une cordée dans son ascension. Dommage je n’ai pas pris la photo…..C’était intéressant de voir leur installation.

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 On voit encore sur cette route, par-ci par-là, la marque du travail de l’homme.  Devant ce paysage Robert Faure m’a signalé « qu’en effet, les plus petites parcelles étaient autrefois cultivées, sur des terrasses soutenues par des murs en pierres sèches, par une population trop nombreuse qui n’arrivait plus à nourrir tous ses habitants. En 1891, on comptait lors du recensement, 563 habitants, presque tous paysans. Nombre d’entre eux émigrèrent alors vers les Etats Unis, comme bergers. Aujourd’hui la population champoléarde n’est que de 127 habitants, avec peu de paysans ».
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Nous arrivons au bout du monde : prochaine étape le hameau des clots

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Les Clots.

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 Il y a sur place une forte sentation d’univers minéral  que les pierres des fermes renforcent.

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 La fontaine des clots.

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Au bord de la route cette maison étonnante .

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La pierre est omni présente. Lors de la formation des Alpes il y a 200 millions d’années, les volcans ont légué des couleurs étonnantes. Ils ont également légué une radioactivité naturelle.

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La haute vallée du Drac Blanc.

Nous sommes arrivés au bout de la route. C’est le point de départ de nombreuses randonnées.

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Place aux randonneurs. On repère dans la forêt quelques départs de sentiers……qui invitent à l’aventure.

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Robert Faure, en guide averti, monte sur ce monticule pour repérer les lieux. J’ai de suite saisi  le côté esthétique de l’ensemble……et j’ai pris ce cliché,  souvenir d’un après-midi unique. Ce n’est pas rien de découvrir Champoléon  avec l’auteur de six livres sur le Champsaur. Pour accéder à son Site  Cliquez ICI.

 

Pour voir le diaporama (7mn) tiré de cet article, cliquez ICI 

 Pour lire l’article de Robert Faure sur la « Maison du Berger »  Cliquez ICI.

Pour lire l’article sur la résistance à Champoléon  cliquez ICI.

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