Décès d’ANGE ZANOTTI résistant dans les Alpes

C’est avec tristesse que nous apprenons le décès d’Ange Zanotti.

 

Voici le mot de son fils :

 

« C’est avec fierté et tristesse que je vous fais part, du décès de mon père le 23/02/2013 monsieur “ZANOTTI Ange” alias “FRANCOIS”, immigré d’Italie à l’âge de 9 ans.  Il n’a pas hésité à s’engager pour combattre dans les forces Françaises de l’intérieur dans les formations et départements ci-après: A.S. Secteur H. et commandos HERMINE-H.A. du 1/06/1943 au 10/09/1944. il avait 18 ans lors de son engagement.

Il a reçu pour cela « la Croix du Combattant Volontaire avec Barrette GUERRE 1939-1945”.

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 Je voudrais également rendre hommage à mon oncle monsieur « REYNEREAU Henri «  alias « GRIMALDI » décédé le 28/11/2010, qui a combattu aux côtés de mon père. »

L’équipe de « Mémoire du Champsaur « vous adresse toutes ses condoléances ainsi qu’à votre famille. Un grand Résistant s’en va…….et malheureusement nous n’avons pas eu le temps de le rencontrer !

 

Voici un témoignage sur l’action d’Ange Zanotti :

 

« Mon père et mon oncle ont rejoint le maquis en Juin 1943. Ils étaient domiciliés tous deux à Draguignan dans le Var. Quand ils ont reçu la lettre de route du STO pour aller travailler en Allemagne, ne voulant pas être enrôlés de force, ils ont décidé de prendre le maquis.

Ne sachant absolument pas comment faire, discrètement dans leur entourage, ont leurs a conseillé de s’adresser à un monsieur X installé comme artisan boucher dans la ville.

Ils sont allés le voir tous les deux à la tombée de la nuit dans la plus grande discrétion car tout le monde doutait de tous. Ce boucher de Draguignan a d’abord tout nié, et ce n’est que quelques jours plus tard qu’il les a recontactés, après surement s’être renseigné sur eux et sur le maquis.

Il leurs a dit qu’ils devaient se rendre à GAP par leurs propres moyens, et là-bas se rendre dans un bar sur la place principale où après un échange de mots de passe, on leurs a dit de ce cacher pour la nuit, et le lendemain une personne et venu pour les conduire vers un groupe dans les montagnes alentours, voila comment ils se sont retrouvés dans le Champsaur ».

 

« Mémoire du Champsaur » a retrouvé un texte très intéressant parlant d’Ange Zanotti:

 Partis de Draguignan, les 2 compères arrivent dans les Alpes .

« Ange Zanotti et Henri Reynereau  ont quelques difficultés a trouvé le camp de Méouillon. Depuis 3 jours ils rodent dans la région sans trouver. Toutefois à leur entrée dans la vallée de Champoléon eux ont été repérés et signalés. Madame Bernard des Borels (village principal) est prévenue ….attention deux jeunes arrivent.

Ils arrivent enfin un soir chez l’abbé Robin (curé des Borels ….grand Résistant devant l’Eternel), et lui demandent l’hospitalité ainsi que la route de Meouillon. L’abbé Robin prend de haut la nouvelle d’un camp à Méouillon. Mais comme il est tard il leurs indique une ferme où ils peuvent être hébergés. Le lendemain matin, il les reçoit les questionne et en cachette prévient Méouillon. Différentes personnes interrogent  à leur tour ces 2 jeunes. Sont-ils des Résistants ou des mouchards ? Ce qui inquiète le curé c’est qu’ils arrivent d’une filiaire inconnue. Finalement après deux jours de pourpalers pendant lesquels ils sont consignés, on leurs présente enfin le lieutenant Rouxel et le lieutenant Vollaire. Ensuite les nouveaux venus sont vêtus, chaussés, récupèrent un sac à dos……La cure se révèle alors un magasin d’habillement fort complet « .

Ce que nos deux jeunes ne savent pas, c’est que sous le plancher se trouvent 107 fusils. Lorsque les allemands quelques mois plus tard feront une descente musclée dans ce presbytère…..ils ne trouveront rien.

 

Les Borels champoleon

 Les Borels et son église. Quelques mois plus tard les allemands tireront avec leur mitraillette  à partir de cette route en voyant les jeunes sortir du presbytère et s’enfuir vers la montagne. Aux Borels,  aucun fuyard lors de cet assaut, ne sera blessé (un vrai miracle). Les témoins diront que les balles sifflaient à leurs oreilles et que plein de morceaux de feuilles leurs tombaient dessus.

« C’est à la nuit tombante seulement qu’ils montent aux chalets de Méouillon. Zanotti et Reynereau ont noté l’impression pénible de cette montée dans l’obscurité et cette arrivée à Méouillon. L’aspect de Méouillon est sinistre de nuit. « 

Toute une mise en scène est en place pour tester ces 2 jeunes. Voici leur témoignage :

« Nous contournons les chalets. L’entrée est là ! Dans une salle basse, mal éclairée par une bougie, des hommes se tiennent autour d’un poêle-cuisinière. C’est lugubre. L’un d’eux a la tête et les bras entourés de pansements : il geint. Les présentations sont faites. C’est un sergent d’active Toto (Desprez)…..puis on leurs présente un être hirsute, en traillis, un tôlard….. Mais l’épreuve a une fin. Les maquisards ont pu juger les réactions de leurs nouveaux camarades. Le lendemain, la farce est dévoilée, blessé et tolard sont joyeux et en bonne santé.

    Ce matin là, un jeune homme (lieutenand Rouxel ) s’approche des arrivants et leur souhaite la bienvenue, puis demande les noms. Sans hésiter les 2 nouveaux déclinent leur identité : « Reynereau Henri  – Ange Zanotti « . Non pas le vrai leur dit ce gradé, celui de guerre. Dix secondes pour trouver « Grimaldi  – François ».  Très bien venez manger . Les autres jeunes leur font alors un accueil inoubliable « 

 

Nous avons été très touchés de trouver ce beau texte concernant Ange Zanotti. Ensuite les 2 compères participent à toutes les actions de la Résistance  jusqu’à la libération de Gap.

 

Leur groupe a participé à la libération de Gap . Avant l’arrivée des américains, 700 Résistants remontés à bloc et très bien organisés ont eu le dessus face à 1200 allemands en place !! Ange Zanotti était sous les ordres du capitaine Henri Baudel (surnommé Capitaine Conan).

 

commando-bir-Hakeim--2-.jpg Libération de Gap. Photo du commando Bir Hakeim dont faisait partie Ange Zanotti .

    Commando-Bir-hakeim.jpg

Jour de la libération de Gap.

Voici un courrier échangé entre Ange Zanotti et le capitaine Henri Baudel.

 

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-2 / L’action du Lieutenant Colonel Drouot l’Hermine dans les Alpes à partir de juillet 1944 Cliquez ICI.
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-4 / Champsaurins morts pour la France (noms et circonstances)   Cliquez ICI.
-5 / Paul Héraud : chef de la Résistance dans le Champsaur.  Cliquez ICI .
-6 / Pierre Poutrain  : un Résistant exceptionnel….fusillé le 19 juin 1944 : Cliquez ICI  .
-7/ Paul-Marie Radius : Saint-Cyrien, Grand Résistant…..fusillé le 10 juillet 44 à 24 ans. Cliquez ICI .
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-9/ Léon Michel : ancien résistant passé à la Gestapo. Une histoire sidérante.  Cliquez ICI.
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