1944 : la Résistance s’organise dans les Alpes.

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Année 1944

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La Résistance Champsaurine est prête au combat.

Article en cours de corrections le 16 avril 2018. Nous sommes désolés pour le désordre

L’année 1944 sera une très grande année pour le Champsaur,  année de l’unification de tous les groupes de Résistants sous la bannière des FFI (sur directive nationale), année de l’armement des maquisards grâce aux parachutages des Alliés, du combat de Laye (17 juillet 1944) et quelques semaines plus tard de la libération de Gap grâce aux Résistants le 20 Août 1944. Gap est une des rares villes de France à avoir été libérée par les Résistants.

1944 sera aussi malheureusement l’année des excutions sommaires perpétrées par les Allemands et l’année des combats pour la Libération qui feront de nombreux morts côté Français.

Revoyons en détails ces différents points.

1 / Unification des maquisards

Depuis le débarquement d’Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, les responsables nationaux demandaient avec insistance à la Résistance française de s’unifier et de s’organiser afin qu’il y ait des chefs bien identifiables, donnant des ordres cohérents et qui puissent répondre aux directives des forces Alliés.

De janvier à juin 1944 les réunions se succèdent dans la région pour regrouper l’ensemble des Résistants, les maquis et les Trentaines. Au fond, le principe de l’unité est acquis mais sa réalisation est difficile. Plusieurs chefs y participent, M. Pascal (chef de la Résistance départementale), le colonel Daviron, Dusserre-Telmon Pierre, Paul Héraud, Merle, Louis Balmens, le capitaine Frison, Bouvier (chef de l’AS) et bien d’autres. En ces 3 ans de guerre déjà écoulés, les hommes capables de diriger ont été repérés et sont officiellement choisis pour gérer les futurs FFI. Finalement ce groupe unifié est créé, regroupant tout le monde : l’Armée Secrète (gaulliste), le groupe Combat, Libération-Sud, les Francs-Tireurs, le MUR, l’organisation de résistance de l’armée (ORA, giraudiste) …etc.

Autour de Gap, dans les vallées de l’Ubaye, de Briançon et dans la France entière, le même travail d’unité se fait.

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Tous FFI mais …

Tous les Résistants champsaurins, ou presque tous, deviendront donc FFI à partir de février 1944 sous les ordres au niveau national du général Koenig (côté militaire) et du général De Gaulle (côté politique). En mai 1944, Paul Héraud est nommé chef départemental FFI des Hautes-Alpes et du secteur R2 (sud-est, aujourd’hui nous pourrions dire de la région PACA). C’est lui qui mettra sur pied le plan de libération de Gap, un plan qui fonctionnera très bien. Malheureusement il tombera dans une embuscade et tué juste avant la Libération. Il ne verra donc pas le fruit de son immense travail.

Toutefois plusieurs groupes resteront dissidents jusqu’au bout continuant leurs actions sans concertation avec la hiérarchie officielle.

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Exemple d’un gros malentendu en juillet 1944 : Dans son livre édité en 2008, le colonel Sassi râlait car leur groupe avait fait sauter tous les ponts allant vers Briançon sauf un pour permettre aux Alliés de remonter cette route quelques jours plus tard. Mais un groupe de Résistants dissidents, non informés de la stratégie, avait fait sauter dans la nuit ce dernier passage ! Donc la route était complètement coupée aux Allemands mais quelques jours plus tard elle le sera pour les Alliés dans l’autre sens. Sassi de rajouter « …à quoi ça sert de casser toute la vaisselle chez soi… cette route pouvait être gardée et facilement surveillée par une seule patrouille… »

Autres conséquences …

Au moment de la Libération certains groupes dissidents ne seront pas « répertoriés» officiellement comme Résistants FFI et donc pas reconnus comme « anciens combattants ». Ils ne seront pas décorés alors que certains l’auraient largement mérités, n’auront pas la possibilité d’intégrer l’armée de coalition qui remonte vers le nord-est à la poursuite des Allemands et bien d’autres conséquences que certains ont vécu comme une grande injustice.

resistants-sabotages

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 2 / 1944 est l’année des parachutages d’armements

 Richard Duchamblo parle dans son livre référence « Maquisards et Gestapo » de cinquante parachutages au total sur le Champsaur. C’est surprenant et certains Champsaurins nient ce chiffre qu’ils jugent très exagéré. A moins qu’il ne parle de la région sud-est élargie (région PACA). Quoi qu’il en soit, les armes arrivent… Les maquisards et les militaires vont être bien équipés, capables d’affronter les Allemands.

En 1944, ils s’exercent chaque jour au maniement des armes, les anciennes et les nouvelles qu’il faut découvrir et font aussi beaucoup d’entrainements physiques. Le débarquement semble imminent (celui de Normandie a eu lieu le 6 juin 1944), au point que certains s’impatientent car les Anglais font passer de fausses dates, de telle sorte que la vraie soit noyée en cas de fuite. Ce stratagème a été usant pour les nerfs de tout le monde.

De nombreux parachutages vont donc avoir lieu, en préparation du débarquement de Provence.

 

Déroulement de quelques largages au dessus des Alpes

 

1 / Un premier parachutage s’est déroulé en septembre 1943 à l’Adroit de Pontis, de l’autre côté du barrage de Serres Ponçon. Le lieutenant Paul-Marie Radius (Saint Cyrien) chef de Champoléon, puis de La Begüe dirige les opérations.

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2 / Le 9 novembre 1943 parachutage à Savournon d’armes et d’explosifs à destination des Hautes-Alpes. C’est Lucien Brun qui les réceptionne et les transporte avec son camion jusqu’à Gap en prenant de gros risques. Pour mémoire, sur le trajet son camion est tombé en panne juste à côté d’un poste allemand. Frayeur… puis tout s’est arrangé.

Certains anciens maquisards signalent qu’à cette époque, ils sont déçus par ces parachutages au compte gouttes malgré les promesses qui leurs avaient été faites. Certes il y a les armes françaises récupérées en 1940 dans les casernes de Gap à l’arrivée des Italiens, il y a celles qu’ont laissées les Italiens à leur départ en octobre 1943, celles récupérées par-ci par-là dans la vallée du Champsaur. Mais c’est largement insuffisant. Les parachutages ne comblent pas le manque d’armes.

3 / Le soir du 18 février 1944, un autre parachutage a lieu. Le groupe écoute attentivement radio-Londres lorsque tombe la phrase annonciatrice d’un parachutage « …les descentes sur les neiges sont rapides, je répète les descentes sur les neiges sont rapides ». Cette fois c’est le secteur ! Un ancien Résistant ajoute « nul ne peut imaginer la joie et la fièvre qui régna alors parmi nous ». Le terrain convenu se trouve presqu’au sommet de Saint Jean (au plateau de Céüze), une clairière au milieu des bois. Il y avait à cette époque 1m50 de neige ! Vers une heure du matin, l’avion se présente, reçoit correctement les signaux et laisse tomber les précieux containers. Il faut suer malgré le froid pour les arracher à la neige, charger les uns sur des traineaux, mettre les autres sur des plaques de tôle et les faire glisser en les retenant sur la neige. Enfin après plusieurs heures d’efforts, tout arrive à bon port, les cylindres d’armes, les paniers de chaussures et les vivres.

 

StenCylindre d’armes et mitraillette « Sten ». Chaque maquisard en reçoit une.

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Une partie des armes est également distribuée dans la vallée. La vie des maquisards commence à se transformer. Ils vont pouvoir enfin s’exercer sérieusement.

Grand MorgonGrand Morgon, un des lieux de parachutage, non loin de Savines le Lac. Photo inédite aimablement transmise par la famille du Lieutenant Paul Marie Radius.

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4 / le 2 et 12 avril 1944 un 2eme et 3eme parachutage d’armes a lieu sur le même terrain à Saint-Jean (plateau de Céüze). La neige a fondu et le travail de récupération est plus simple. Quelques précisions pour le 12 avril 1944 : 10 tonnes de matériel (armes et ravitaillement) doivent être récupérées. A partir de 5 heures du matin, plus de 50 hommes sont sur le terrain. Ils ne termineront que le soir, totalement exténués. « Il y avait de tout : armes automatiques, munitions en grand nombre, explosifs, matériel de sabotage, viande en boîte, sucre, café, chocolat, fruits confits, chaussures, des parachutes…». Une bonne part du matériel est enterrée sur place. Un plan des cachettes est établi et gardé par Paul Marie Radius. Malheureusement ce dernier est arrêté le 20 juin 1944 et les allemands trouveront ce plan sur lui ! (imprudence de sa part?) Quelqu’un l’a dénoncé. Il sera fusillé le 10 juillet 1944 (10 jours avant la Libération). JB Rouxel, son grand ami, est arrété à son tour lors d’un barrage routier à l’entrée de Gap. Une 2eme grande figure de la Résistance vient de tomber. Il mourra en déportation (16 mars 1945) et l’une de ses dernières paroles sera « je suis fier de ne pas avoir parlé… ».

5 / le 6 juin 1944 même type de parachutage dans la vallée de l’Ubaye.

 

Le 10 juin 1944, les Allemands envoient une colonne de 300 hommes sur le plateau Saint-Jean. Ils sont très bien renseignés… mais finalement redescendent bredouilles. Ils arrêtent malgré tout Emile et René Michellon. Emile sera utilisé (!) quelques semaines plus tard comme bouclier humain sur un camion allemand entre Gap et Grenoble (je pense au moment de la débacle). Cela tirait de tous les côtés. Il est finalement atteint au bras à Monestier de Clermont. Il sera libéré par les Américains quelques jours plus tard. Quant à René, malade au moment de son arrestation, il est mené sous bonne garde à l’hôpital. Grâce à l’aide d’une infirmière allemande, il arrive à s’échapper. Les deux frères Michellon seront bien vivants à la Libération.

1944, c’est aussi le combat de Laye

Le combat de Laye s’est déroulé le 17/07/1944. Il a toujours eu dans le cœur des Champsaurins une place particulière, même de nos jours. Mais le sentiment est double : d’un côté ils sont fiers de leurs Résistants et d’un autre très critiques sur la façon dont ce combat s’est déroulé. Effectivement de grosses erreurs ont été commises qui se sont soldées par 4 morts parmi les jeunes Français et un blessé côté Allemand (ce bilan officiel me laisse dubitatif) et des représailles de la part des Allemands qui ont incendié 7 fermes sur les 14 que comptait le village de Laye.

Il s’agit d’un épisode tout à fait étonnant. La manoeuvre semble avoir été organisée ou en tout cas avalisée par Paul Héraud chef de la Résistance des Hautes-Alpes et exécutée par la Trentaine d’Elisée Ebrard de St Laurent du Cros … On apprend au fil des témoignages que quelques anciens Maquisards de Champoléon y ont participé (avec la mort d’Henri Parmentier), ainsi que les scouts du groupe de Saint Léger les Mélèzes (avec la mort du jeune Para) et de jeunes Espagnols (qui fuyaient la dictature de Franco).

Voici les faits : les Résistants apprennent qu’un des leurs a été arrêté à St Bonnet et qu’il va être tansferré sur Gap par une voiture de la Gestapo. Cette voiture va traverser le village de Laye non loin du col Bayard. Ils décident donc de l’intercepter au seul endroit du trajet où la côte est suffisamment importante pour ralentir le véhicule.

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Roberts Laye 1944

Les Allemands montent doucement cette côte des Roberts juste avant Laye lorsqu’ils sont attaqués.

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Les maquisards se sont répartis en 4 groupes. Le commandement se trouve au dessus du cimetière du village, à l’emplacement du grand mémorial actuel (afin de bien dominer les mouvements), deux groupes se trouvent en contre-bas le long de la Nationale et le 4eme groupe se trouve à l’embranchement de la route du village du Cros. Manifestement le commandement des maquisards est visible de loin, en particulier du col Bayard où se trouve une unité Allemande. Cela n’avait pas à priori beaucoup d’importance car l’opération devait être très rapide. Mais en réalité, ils sont repérés dès le premier coup de feu et des renforts allemands sont envoyés immédiatement.

Il s’agissait donc au départ d’une « mission commando », éclair, pour libérer un prisonnier. Mais en quelques secondes tout va basculer. Un jeune combattant (on m’a signalé que c’était un Espagnol) tire trop tôt et sans attendre l’ordre de le faire. Les Allemands ayant entendu le coup partir, font preuve d’expérience et peuvent s’arrêter avant l’endroit prévu. Ils évitent le pire. Ils se mettent en position et ripostent. Mais plus grave : les maquisards ne savaient pas qu’un camion rempli de soldats suivait juste derrière.

Le combat s’engage durement. Les français auraient dû décrocher rapidement. Paul Héraud qui était partisan des attaques « éclairs », fulmina plusieurs jours contre cet acharnement au combat et déplora amèrement les morts. Jean Sassi (lieutenant à cette époque) dans son livre parle de façon peu élogieuse de Laye « …au combat, c’était n’importe quoi. Pour une guérilla, c’est l’embuscade qui prime… on se positionne dans l’attente du convoi ou de la patrouille. Au coup de sifflet, on crache. Dix minutes maximum, puis on décroche vers le point de ralliement, en sprintant… surtout avec les allemands rompus à la contre-guérilla…». Mais le colonel Sassi avait toujours en 2008 (63 ans après les évènements) une façon très polémique de parler de la région et les Champsaurins ne le portaient pas dans leur cœur. Nous verrons pourquoi un peu plus loin.

A Laye, les choses ne se passent donc pas comme prévu et tout se complique.

Les deux camps vont chercher des renforts et les combats s’intensifient. L’accrochage est repéré par la troupe Allemande du col Bayard et l’alerte est donnée. Anecdote (qui aurait pu être très grave) : une fillette traversa la route en plein milieu de la fusillade complètement inconsciente de ce qui se passait. Elle a pu malgré tout renseigner les maquisards sur les positions allemandes !

Les combats durèrent jusqu’à la tombée de la nuit, tardivement en Juillet. Dépités par cette attaque, les Allemands brûlèrent 7 maisons sur les 14 que comptait le village et il s’en fallut de très peu pour que des exécutions sommaires n’aient lieu parmi la population au moment du rassemblement général des habitants.

Les maquisards apprendront au retour de cette mission ratée, que la voiture de la Gestapo (la même) avait abattu froidement, le matin même, juste avant ce combat, un Champsaurin dénommé Paulin Faure, au niveau des « Barraques » près de Saint Bonnet. En effet, voulant aider une personne agée à se rendre à Gap, il avait fait signe à cette voiture banale pour qu’elle s’arrête. Il ne savait pas qu’il s’agissait en fait de la Gestapo. Afin de dégager la route ou peut-être par peur d’une embuscade, ils tuèrent cet homme froidement sans sommation.

Toutefois, un Champsaurin m’a signalé que Paulin Faure aurait été très maladroit dans sa manœuvre en se mettant au milieu de la route et obliger la voiture à s’arrêter. D’où la réaction excessive de l’officier.

La vieille dame traumatisée par l’exécution sommaire de son bienfaiteur, fut malgré tout montée à bord du camion allemand (avec les soldats) pour être accompagnée jusqu’à Gap. Selon toute vraisemblance, elle fut témoin 10 minutes plus tard du combat de Laye…bien malgré elle. Dure journée madame ! Nous comprenons mieux aussi le retard qu’avait pris le camion militaire par rapport à la voiture de son officier !

Les conséquences du combat de Laye:.

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Il y eut quatre morts côté français comme nous venons de l’écrire et de nombreux blessés. Voici les noms de ces 4 jeunes :

Panzini Roger. Il s’agissait d’un jeune Marseillais réfugié dans le Champsaur

Para Amédée : il était issu du scoutisme. Les évènements se déroulèrent en quelques secondes : il a voulu informer ses camarades qui se trouvaient un peu plus loin, qu’une manoeuvre allait se dérouler. L’information était importante. Sa dernière parole a été « ce sera ma BA (bonne action) de la journée ». Il n’avait pas fait quelques mètres qu’il a été abattu par une raffale de mitraillette.


Parmentier Maurice : c’est un des jeunes Alsaciens accueillis clandestinement par le Père Louis Poutrain en 1942 à la cure du village de St Jean. En 1942 et 1943 il participait aux entrainements du maquis de Champoléon et il a réchappé à la rafle de novembre 1943. Il semble qu’il ait rejoint ensuite la Trentaine de St Laurent du Cros concerné au premier plan par le combat de Laye.

Vallon Henri. Il était de Gap

Memorial-du-jeune-Amedee-ParaMémorial de ce combat, érigé par les scouts en mémoire d’Amédée Para. Le mémorial est fleuri plusieurs fois par an encore aujourd’hui.

Conséquences de ce combat : les Allemands prirent conscience une fois de plus de l’importance de la Résistance sur le secteur et de la modernité des armes. Ils demandèrent à nouveau du renfort en haut lieu qui ne vint jamais. Conclusion : ils n’osèrent plus s’aventurer dans cette vallée. Et lorsque les troupes allemandes de Vizille remonteront le Champsaur en Août 1944, la Résistance les harcèlera sur tout le trajet jusqu’à Vizille, où finalement ils se rendront. (voir le récit plus loin)

Pourquoi ce combat a-t-il été critiqué ?

1 / Le premier reproche a été d’avoir attaqué en un lieu si proche des habitations. Les civils ne devaient pas être mêlés à ce combat militaire. D’ailleurs 2 événements prouvent que le reproche était quelque peu justifié : en plein combat une petite fille a traversé la Nationale sans se rendre compte du danger, et surtout le soir, sept habitations ont été brûlées par représailles. Une habitante me signalait même qu’en plein combat un Résistant s’était réfugiait dans sa grange ! … et de rajouter, complètement dépitée « ce combat était une improvisation totale. »

2 / Le deuxième reproche est venu de la hiérarchie militaire. Après l’attaque il fallait décrocher très vite et partir. Les Allemands n’auraient pas eu le temps d’appeler du renfort. Toutefois, il faut rappeler que les Français ont été très rapidement encerclés et ont du se battre surtout pour se dégager.

3 / On a reproché aux chefs de cette mission d’avoir pris des hommes trop jeunes, et qui plus est, inexpérimentés. Un exemple illustre ce problème : l’attaque devait débuter à un signal précis. Or un coup de feu (Duchamblo signale qu’il y en a eu deux) est parti trop tôt, tiré par un jeune Espagnol peut-être un peu nerveux, avant le signal convenu. Les Allemands l’ont entendu, ont pu arrêter leur véhicule avant l’endroit prévu pour l’attaque.

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Laye en ChampsaurLe village de Laye traversée par la route Napoléon. Photo prise en altitude juste au dessus du mémorial.

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4 / Le commandement des maquisards se trouvait au dessus du cimetière, à l’emplacement du grand mémorial actuel, visible de très loin : beaucoup trop visible. Au premier coup de feu, les Allemands du col Bayard les ont repérés et ont appelé des renforts.

Juste après Laye, un épisode incroyable !

Après ce combat, les Résistants déploraient parmi eux des blessés dont un qui inquiétait beaucoup ses camarades. Le médecin du secteur est finalement appelé en urgence. Il confirme la gravité de la blessure avec pronostic vital engagé. Il conseille l’opération dans les plus brefs délais. Un Résistant descend à Gap pour aller chercher le Dr Coronat. Malheureusement ce médecin est assigné à résidence et ne peut pas se déplacer. Les maquisards décident donc que le blessé sera déguisé en femme enceinte et descendu à Gap pour l’opération de la dernière chance. C’est une manœuvre très risquée.

Tout ce beau monde rentre à l’hôpital sous le nez et la barbe des Allemands et arrive sans encombre jusqu’au bloc opératoire où le Dr Coronat les attend pour ce travail. Au dernier moment un soldat Allemand (Autrichien en réalité) semble avoir un doute. Il demande à assister à l’accouchement. Une fois dans le bloc opératoire, tout le monde se dévoile et le soldat Autrichien opte pour fermer les yeux et se tait. Lui aussi a pris, par humanité, un risque énorme avec sa hiérarchie. Le blessé est sauvé !

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Le 7 Juillet 1944 aussi est un jour important

Le 7 juillet 1944, lorsque le lieutenant-colonel Drouot l’Hermine (souvent présenté à tort comme le seul libérateur de Gap) arrive de la Drôme pour commander la Résistance des Hautes-Alpes (secteur Centre c’est à dire Champsaur, Valgaudemar, Dévoluy), toute la région du Champsaur est prête aux combats. Ce n’est plus un secret, le débarquement de Provence va avoir lieu. Depuis le débarquement de Normandie (6 juin 1944), tout le secteur est galvanisé.

Dès son arrivée dans les Alpes, Drouot forme des commandos, appelés commandos l’Hermine qui prendront quelques mois plus tard une part importante dans les combats. Ils seront composés essentiellement de Résistants de la Drôme et du Champsaur qui étaient déjà sur place entre 1941 et 1943.

Les commandos L’Hermine (dont les effectifs changeront au fur et à mesure de leur progression vers l’Allemagne), poursuivront l’ennemi jusqu’à la frontière nord-est, participeront aux batailles d’Héricourt, Belfort, Bourbach et enfin Bischwiller. Les combats seront très rudes et 82% des  hommes des commandos L’hermine seront tués ! Lui-même sera blessé dans la poche de Belfort. Il recevra l’ordre d’arrêter les combats et de redescendre ses troupes à Valence. Ainsi se terminait son combat héroïque !

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Mais présentons Drouot l’Hermine.

Lieutenant-Colonel Jean Drouot L'Hermine 2

Le Lieutenant-Colonel Jean Drouot l’Hermine (ou Lhermine) est né le 15 septembre 1907 à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône). Il est nommé le 1er Juillet 1944, par le Général Zeller, responsable de la Résistance des FFI des Alpes centrales.

Il accède au commandement des Hautes-Alpes à l’âge de  37 ans ! Il a été avant cette nomination, chef des FFI de la Drôme où son action avait été particulièrement remarquée, efficace, parfois incroyablement audacieuse, chaque fois d’un courage hors norme. Vous pouvez en lire un résumé sur le site suivant : http://www.triel-sur-seine.fr/jean-drouot-l-hermine.htm .

 

Voici l’essentiel de son action (et celle de son groupe) pour l’année 1943 dans la Drôme :

  • 108 attaques contre la circulation ferroviaire
  • 107 locomotives hors d’usage
  • 500 allemands tués et 1 millier de blessés
  • 5 agents de la Gestapo et 25 indicateurs tués.
  • 20 usines en partie détruites
  • 57 destructions de lignes à haute tension
  • Réception de parachutages issus de 67 avions

Sur ce site, vous trouverez également son action en 1940, 1941, 1942.

 

Le colonel Drouot doit donc quitter la Drôme et rejoindre les Alpes…..

Drouot arrive dans les Alpes centrales pour diriger les FFI et faire de telle sorte que les opérations, les manœuvres, soient cohérentes avec la direction nationale. Il arrive dans la région avec cette réputation énorme de héros de la Résistance acquise dans la Drôme. Mais paradoxalement il fait peur. Pourquoi ? Une Résistance est déjà en place, et elle ne tient pas à se faire chapeauter par lui, d’autant que certains signalent que dans la Drôme ses relations avec les hommes étaient tendues ( tout spécialement avec les FTP communistes). Dans le Champsaur (très FTP), tout un équilibre va être perturbé. Que va faire ce nouveau venu ? Ne va t’il pas provoquer des heurts inutiles avec les Allemands ?

Une arrivée spectaculaire dans le Champsaur confirme les craintes. En effet le 7 juillet 1944, après 7 jours d’un voyage mouvementé, Jean Drouot-Lhermine et 9 officiers en uniforme (+ quelques FFI de la Drôme) arrivent dans le Champsaur, traînant derrière eux 3 tonnes de matériel. Ils se montrent partout en uniforme français, sillonnant tout le secteur en voiture, avec le fanion tricolore au vent. Heureusement que plusieurs témoignages sont concordants car autrement nous aurions du mal à le croire. Ils créent ainsi de tels remous dans toute la région que les Allemands sont immédiatement informés. A Gap les Allemands ne s’engagent plus dans la vallée du Champsaur autrement qu’en convois lourdement armés, attachant parfois des otages  à leurs camions ou à leurs automitrailleuses.

Parmi les 9 officiers de Drouot se trouvent 3 membres du commando Chloroform (les fameux Jedburghs). Ces commandos avaient été formés (très durement) en Angleterre. On peut rappeler leur nom :

  • 1 / Macintosh qui a été décoré à la Libération de la Croix de Guerre avec étoile d’argent, 3eme niveau. (Information donnée par Georges Baudel).

  • 2 / Le sous-lieutenant Sassi, militaire assez controversé, Jedburgh donc, qui a été décoré de la Croix de Guerre 1er niveau (source : Georges Baudel). Le rôle du Sous-lieutenant Sassi a été important : celui d’opérateur radio. Il connaîssait tous les codes anglais, les façons de procéder avec les Alliés. Il a été formé pour ça. Il deviendra colonel plus tard, après l’Indochine et l’Algérie. Dans son livre de mémoires, Sassi affirmait « … rentrer dans l’action, dans le combat, être parachutés  sur la France était l’obsession de nos groupes de commandos ». Il sera connu des anglais sous le nom de « Latimer »

  • 3 / Jacques Martin, à priori non décoré, en tout cas aucune information allant dans ce sens.

Les anglais comptaient beaucoup sur ces Jedburghs formés chez eux pour encadrer les maquisards. Par contre ces même Anglais n’avaient aucune confiance dans la Résistance locale et le Général de Gaulle en fera les frais. Ce dernier ne sera même pas informé de la date exacte du débarquement afin qu’il n’y ait pas de fuite ! Au moment de la Libération, même topo, les décorations sont allées vers ces hommes connus des Alliés, mais beaucoup moins vers les maquisards du Champsaur qui pourtant s’étaient battus à leur côté. Il y a donc eu beaucoup de rancoeur concernant ces décorations et quelques propos acerbes à l’encontre de Drouot-LHermine et des Jedburghs arrivés le dernier mois pour cueillir le travail des Champsaurins et recevoir la reconnaissance hiérarchique. J’en toucherai un mot plus loin.

Le colonel Drouot-Lhermine et le sous-Lieutenant Sassi se dirigent donc sur ordre du général Zeller dans un premier temps vers le Vercors, puis dans un deuxième temps vers les Hautes-Alpes.

Drouot-Lhermine a donc environ 2 mois pour optimiser la Résistance existante. Elle existe, elle est même assez importante. Il arrive dans la vallée le 7 juillet 1944 et le débarquement de Provence aura lieu le 15 Aout 1944.

Informés de ces mouvements, les Allemands de Gap demandent du renfort en haut lieu, à plusieurs reprises, mais en vain.

Presque tous les Résistants du Champsaur sont FFI

Dès son arrivée, le colonel Drouot continue à unifier la Résistance sous la bannière des FFI. Certains chefs locaux refusent d’obéir, de suivre ses instructions. La haine entre certains hommes commence à se faire sentir. A plusieurs reprises le Lieutenant Sassi dégaine son arme pour se faire respecter (ce qui n’est jamais bon signe), d’où cette réputation sulfureuse qui l’a suivi pendant plusieurs années. De mémoire, il est même allé jusqu’à dégainer son pistolet dans un bar de Pont du Fossé ! Il semble avoir eu des propos méprisants à l’égard des Résistants (il était très fier d’être Jedburgh) et s’est accroché avec le capitaine Baudel vertement alors que ce dernier était non seulement responsable de Champoléon et du secteur depuis 1942 et de surcroit capitaine donc supérieur hiérarchique ! En 2008 dans son livre, le colonel Sassi avait encore des propos déplacés à l’égard du secteur, jugeant même « qu’ils se battaient comme en 14-18 ». Cela n’a pas du tout été apprécié par les maquisards du coin. Juste après la Libération il a quitté immédiatement la région et certains m’ont écrit par courriels qu’il aurait pu craindre pour sa vie et il le savait. Officiellement Sassi a justifié son départ rapide de Gap en prétextant qu’il avait été écoeuré par les exécutions sommaires perpétrées juste après la Libération et le sort odieux réservé aux femmes accusées de « collaboration horizontale » avec les Allemands…selon l’expression de l’époque.

Voici un témoignage reçu sur Drouot (parmi d’autres) :« Quant à Drouot, que Ziegler a nommé « responsable de la Résistance dans les Alpes centrales», c’était une fonction  pour le faire partir de la Drome, où il s’était mis à dos tous les FTP. C’était une fonction fictive où il a surtout paradé. Et il a participé à la libération de Gap comme toutes les autres unités, et sans décider de rien ( le plan d’attaque a été conçu par Paul Héraud avant sa mort et accepté par les alliés, réalisé par Etienne Moreaud) tout en prétendant l’avoir libéré seul.» (JP Pellegrin)

Un témoignage reçu sur Sassi (parmi d’autres) « …Sassi n’était qu’un simple opérateur radio. Qu’a donc fait Sassi à cette époque pour mériter la Légion d’Honneur ? Il était au milieu de vrais héros courageux au moins autant que lui et il n’a pas pu agir mieux qu’eux…ce qu’il dit dans son livre est complètement éhonté voire calomnieux pour les vrais Résistants…..le sous-lieutenant Sassi n’a acquis que la croix de guerre 1er niveau… Il prétend que le père Ludovic (des Borels) aurait déterré pour lui 107 fusils Lebel alors qu’avec le capitaine Henri Baudel, ils avaient passé plus d’un an à organiser tout ça … je pense que la valeur que se donne Sassi dans son livre de 2008 relève de l’imaginaire et tout son jugement est réellement faussé ». Et de conclure un peu plus positivement «  En conclusion, mon but n’est pas de descendre Sassi ou Drouot mais de mettre en évidence la valeur des résistants du Champsaur, et en particulier ceux de Saint-Laurent du Cros. Vous le dîtes, c’est exact, Sassi était légitime car joint aux Jedburghs via le gouvernement de la France Libre… ». (G B)

J’ai ainsi reçu de nombreux témoignages allant dans ce sens. Celui-ci est percutant et on sent encore rancoeur et amertume.

Et pourtant tout va se mettre en place…

Face à l’ennemi Allemand et pour le bien supérieur de tous, le Maquis se calme et comprend que les hommes de Drouot arrivent avec un mandat légitime.

Les Résistants sont armés avec du matériel moderne (grâce aux parachutages dont nous avons parlés plus haut) et les militaires circulent dans la vallée pour donner les instructions. En 1943 (et encore plus en 1944) maquis et Trentaines sont finalement très mêlés à travers ces formations.

Aimé RouxPhoto inédite. Elle m’a été adressée par Mme Roux-Laurent.

.Il s’agit de Résistants du Champsaur en cours d’entrainement (probablement la Trentaine Piot). Ils ont entre les mains une mitraillette Browning calibre 30. Efficace mais pas très moderne.

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Résistants à l’entrainement. Photos inédites, Mme Laurent-Roux. (Probablement Trentaine Piot)

 

– Malgré les oppositions internes, les commandos « Lhermine » vont se multiplier.  J’en profite pour préciser que le nom « Lhermine » était un surnom de guerre pour le colonel Drouot (il l’avait reçu pour la 1ere fois chez les scouts comme nom de totem car il était très blond ). Il garda les 2 noms après la guerre sur décision administrative afin de faciliter le lien entre cette période de guerre et la reprise d’une vie sociale normale.

Petit saut dans l’avenir : ces 700 Résistants libèreront Gap le 20 Août 1944 sur un coup de bluff et de bravoure : ils étaient loin d’avoir la supériorité numérique. Ils feront ce jour là, entre 750 et 1200 prisonniers allemands (selon les estimations). Duchamblo parle de 600 Allemands et 250 Polonais. Les américains sont arrivés à Gap quelques heures plus tard. Nous le disions plus haut, Gap fut une des rares villes de France à être libérée par la Résistance.

Pendant 2 mois les maquisards ne chôment pas

Il faut remettre leurs actions en perspective. Le débarquement de Normandie a eu lieu le 6 juin 1944. Tous les Résistants sont galvanisés par cette annonce. Ils savent que le débarquement de Provence ne va pas tarder. Leur courage redouble !

  • En cette année 1944, en lien avec les Maquisards de la vallée de l’Ubaye ils font sauter la voie ferrée Briançon-Gap à de nombreuses reprises, 17 fois pour la seule ligne Veyne-Briançon. Ils veulent absolument bloquer les déplacements ennemis ! Seul le manque d’explosifs les limite.

  • Paul Héraud aidé de Galetti et d’Edouard, vont, grâce à 30 kg de dynamite, essayer de faire sauter l’usine d’Argentière, qui fabrique 650 tonnes d’aluminium par an. Il s’agit d’une demande des Anglais. Mais le sabotage est partiellement loupé car la première charge de dynamite, en explosant, a désamorcé les autres charges qui se trouvaient à proximité. La deuxième tentative, beaucoup plus dangereuse car les Allemands auront mis des gardes, sera réussie ( ce soir là, les gardes dormaient).

  • Paul Héraud fait sauter à répétition les lignes téléphoniques et les lignes à haute tension avec Jean Le Petit et Raymond Ribaud pour gêner les Allemands qui en sont exaspérés. Duchamblo signale par ailleurs «  que de braves gens à cette époque ne comprenaient guère la raison de tous ces sabotages et maugréaient contre « les types du maquis ». A quoi riment toutes leurs histoires ? On dirait que ces gens-là ne détruisent que pour le plaisir de détruire et d’ennuyer ! ». En compagnie de Jean Roux, de son ami Moreaud et de Lombard, il prive également d’éléctricité Saint Auban en faisant sauter un gros pylône du côté du Poët.

  • Toujours lui, Paul Héraud arrive à mettre deux usines de Saint Auban en arrêt total. Il est aidé de Moreaud et de Robert Antoine.

  • Le capitaine Baudel accompagné du lieutenant Céard, de B. Poirier et de quelques maquisards va chercher un stock d’armes qui vient d’être parachuté dans la Drôme. Malgré les énormes risques …tout se passe bien.

  • Ils organisent des secours à l’égard des réfugiés du Vercors.

  • Du côté d’Aspres le lieutenant Céard sous les ordres d’Henri Baudel surveille la route. Tout convoi allemand arrivant sur le secteur est attaqué (source R. Duchamblo).

  • Sur le secteur de Paul Heraud, à La Faurie (à 35 km de Gap), un convoi Allemand de 50 camions accompagné d’une auto mitrailleuse se dirigeant vers le Vercors est accroché par le maquis. L’ennemi n’arrive pas à passer et un rude combat s’engage. Ils n’arriveront à passer qu’au bout de 24h, grâce à de gros renforts. Les pertes seront terribles pour eux. Quelques jours plus tard au même endroit, même scénario.

  • Les maquisards attaquent à plusieurs reprises la RN 94 (route Gap-Briançon), détruisant tout le matériel Allemand... A partir de là, l’ennemi est beaucoup plus prudent car il pense être encerclé de toute part autour de Gap. Les Allemands n’osent plus s’aventurer en dehors de la ville. Leur capitulation le 20 Août 1944 à Gap, face aux commandos l’Hermine, avant l’arrivée des Américains, est en partie due à cette intime conviction… conviction, à vrai dire, que les Résistants ont su faire passer.

  • Le 8 juin 1944, il est demandé à Paul-Marie Radius (ordre de Mermet) de rejoindre le groupe de maquisards de Barcelonnette pour verrouiller la vallée de l’Ubaye. A cet effet ils font tomber quelques gros sapins et un camion est mis en travers, trois FM sont bien positionnés, les hommes sont prêts au combat. Il y a une grosse effervescence car l’affrontement va avoir lieu d’égal à égal avec les allemands. Mais rien ne se passe et deux jours plus tard, l’opération est annulée.

  • La veille du débarquement (Drouot en est informé), ses hommes font sauter le pont de chemin de fer à Savines et tous les ponts routiers.

  • Paul Héraud étant aussi responsable du secteur R2 (le sud-est), il organise de nombreux sabotages dans les Bouches du Rhône dont un spectaculaire à Gardanne. L’usine de d’aluminium de Gardanne est largement inutilisable (sur ordre venant d’Angleterre).

  • Une course poursuite a eu lieu le 10 Aout 1944 jusqu’au fond de la vallée du Valgaudemar (soit dix jours avant la libération). La surprise fut double dans cette vallée car les habitants y vivaient depuis le début de la guerre comme en terre libre (pas d’Allemand) et par ailleurs on savait que depuis les combats de Laye les Allemands ne s’aventuraient même plus dans le Champsaur.

Voilà donc ce qui est arrivé et qui aurait pu très mal tourner ……

Le groupe de maquisards mené par le lieutenant Stavro a été finalement repéré par les Allemands. Une course poursuite s’engage  à travers le Champsaur. Les résistants n’ont plus de munitions et sont à bout de force. Ils sont épuisés. Arrivant à la bifurcation vers la Chapelle en Valgaudemar ils hésitent : soit ils vont tout droit vers La Mure et Grenoble avec le risque de tomber sur une autre patrouille allemande qui viendrait dans l’autre sens, soit ils entrent dans cette vallée très encaissée, en cul de sac, d’où ils ne peuvent plus sortir. Le lieutenant opte pour rentrer dans la vallée et ce fut très judicieux. Les Allemands ont peur d’une embuscade mais les poursuivent jusqu’à Villard Loubière. Puis prudents ils font demi-tour et ressortent de la vallée. Les maquisards épuisés sont accueillis deux villages plus loin. Ils sont cachés dans l’église où on leurs donne les premiers soins. Puis ils s’endorment aux dires des témoins avec une rapidité étonnante. Tous furent sauvés. Dix jours plus tard c’était la Libération.

Pour lire la suite (libération des Hautes-Alpes)  Cliquez ICI  

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1 / Résistance dans le Champsaur de 1939 à 1943 :     Cliquez ICI.
-2 / La grande année des maquisards en 1944 et libération de Gap  Cliquez ICI.
-3 / Libération des Hautes-Alpes  Cliquez ICI  .
-4 / Champsaurins morts pour la France (noms et circonstances)   Cliquez ICI.
-5 / Paul Héraud : chef de la Résistance dans le Champsaur.  Cliquez ICI .
-6 / Pierre Poutrain  : un Résistant exceptionnel….fusillé le 19 juin 1944 : Cliquez ICI  .
-7/ Paul-Marie Radius : Saint-Cyrien, Grand Résistant…..fusillé le 10 juillet 44 à 24 ans. Cliquez ICI .
-8 / Histoire d’une famille juive dans le Champsaur  cliquez ICI . 
-9 / Léon Michel : ancien résistant passé à la Gestapo. Une histoire sidérante.  Cliquez ICI.
-10 / Ange Zanotti : résistant dans le Champsaur. Lettre de sa famille Cliquez ICI .
11/Aimé Roux : résistant dans Champsaur, mort en Indochine Cliquez ICI.
-11/ Souvenirs de guerre d’un petit enfant (JP Clot, chirurgien) Cliquez ICI.

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