1944 : la Résistance s’organise dans les Alpes.

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Année 1944

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La Résistance Champsaurine est prête au combat.

L’année 1944 sera une très grande année pour le Champsaur. Les Résistants arriveront enfin à s’unifier sous la bannière des FFI (sur directive nationale), l’armement arrivera grâce aux parachutages des Alliés, ce sera l’année aussi du combat de Laye (17 juillet 1944) et quelques semaines plus tard de la libération de Gap grâce aux Résistants le 20 Août 1944. Gap est une des rares villes de France à avoir été libérée par les Résistants (avec Annecy, Barrage de Marèges, Limoges, Castres, Mazamet, Ussel, Gueret et Lauterbourg).

1944 sera aussi malheureusement l’année des exécutions sommaires perpétrées par les Allemands et l’année des combats pour la Libération qui feront de nombreux morts côté Français.

Revoyons en détails ces différents points.

1 / Unification des maquisards

Depuis le débarquement d’Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, les responsables nationaux demandaient avec insistance à la Résistance de s’unifier et de s’organiser afin qu’il y ait des chefs bien identifiables, donnant des ordres cohérents et qui puissent répondre aux directives des forces Alliés.

De janvier à juin 1944 les réunions se succèdent dans la région pour regrouper l’ensemble des maquis et des Trentaines. Au fond, le principe de l’unité est acquis mais sa réalisation est difficile. Plusieurs chefs y participent, M. Pascal (chef de la Résistance départementale), le colonel Daviron, le commandant Dusserre-Telmon de Gap, Paul Héraud, Merle, Louis Balmens, le capitaine Frison, Bouvier (chef de l’AS) et bien d’autres. En ces 3 ans de guerre déjà écoulés, les hommes capables de diriger ont été repérés et sont officiellement choisis pour gérer les futurs FFI. Finalement les FFI sont créés. Il regroupe l’Armée Secrète (gaulliste), le groupe Combat, Libération-Sud, les Francs-Tireurs, le MUR, l’organisation de résistance de l’armée (ORA, giraudiste) …etc.

Autour de Gap, dans les vallées de l’Ubaye, de Briançon et dans la France entière, le même travail d’unité se fait.

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Tous FFI mais …

Tous les Résistants champsaurins, ou presque tous, deviendront donc FFI à partir de février 1944 sous les ordres au niveau national du général Koenig (côté militaire) et du général De Gaulle (côté politique). En mai 1944, Paul Héraud est nommé chef départemental FFI des Hautes-Alpes et du secteur R2 (sud-est, aujourd’hui nous pourrions dire de la région PACA). C’est lui qui mettra sur pied le plan de libération de Gap, un plan qui fonctionnera très bien. Malheureusement il tombera dans une embuscade (à priori) et tué juste avant la Libération. Il ne verra donc pas le fruit de son immense travail.

Toutefois plusieurs groupes resteront dissidents jusqu’au bout continuant leurs actions sans concertation avec la hiérarchie officielle.

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Exemple d’un dysfonctionnement en juillet 1944 : Dans son livre édité en 2008, le colonel Sassi racontait, avec un certain dépit d’ailleurs, que leur groupe FFI avait fait sauter tous les ponts allant vers Briançon sauf un pour permettre aux Alliés de remonter cette route quelques jours plus tard. Mais un groupe de Résistants dissidents, non informés de la stratégie, avait fait sauter dans la nuit ce dernier passage ! Donc la route était complètement coupée aux Allemands certes mais quelques jours plus tard aux Alliés dans l’autre sens. Sassi de rajouter « …à quoi ça sert de casser toute la vaisselle chez soi… cette route pouvait être gardée et facilement surveillée par une seule patrouille… »

Autres conséquences …

Au moment de la Libération certains groupes dissidents ne seront pas « répertoriés» officiellement comme Résistants FFI et donc pas reconnus comme « anciens combattants ». Ils ne seront pas décorés alors que certains l’auraient largement mérités, n’auront pas la possibilité d’intégrer l’armée de coalition qui remonte vers le nord-est à la poursuite des Allemands et bien d’autres conséquences que certains ont vécu comme une grande injustice.

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resistants-sabotages

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2 / 1944, l’année des parachutages d’armements

 Richard Duchamblo parle dans son livre référence « Maquisards et Gestapo » de cinquante parachutages au total sur le secteur. C’est surprenant et certains Champsaurins nient ce chiffre qu’ils jugent très exagéré. A moins qu’il ne parle de la région sud-est élargie (région PACA). Quoi qu’il en soit, les armes arrivent… Les maquisards et les militaires vont être bien équipés, capables d’affronter les Allemands.

En 1944, ils s’exercent chaque jour au maniement des armes, les anciennes et les nouvelles qu’il faut découvrir et font aussi beaucoup d’entraînements physiques. Le débarquement de Provence semble imminent (celui de Normandie a eu lieu le 6 juin 1944), au point que certains s’impatientent car les Anglais font passer de fausses dates, pour noyer la vraie en cas de fuite. Ce stratagème a été usant pour les nerfs de tout le monde.

De nombreux parachutages vont donc avoir lieu, en préparation du débarquement de Provence.

 

Déroulement de quelques largages au dessus des Alpes

 

1 / Un premier parachutage s’est déroulé en septembre 1943 à l’Adroit de Pontis, de l’autre côté du barrage de Serres Ponçon. Le lieutenant Paul-Marie Radius (Saint Cyrien) chef de Champoléon, puis de La Begüe dirige les opérations de récupération.

2 / Le 9 novembre 1943 parachutage à Savournon d’armes et d’explosifs à destination des Hautes-Alpes. C’est Lucien Brun qui les réceptionne et les transporte avec son camion jusqu’à Gap en prenant de gros risques. Pour mémoire, sur le trajet son camion est tombé en panne juste à côté d’un poste allemand. Frayeur… puis tout s’est arrangé.

Certains anciens maquisards signalent qu’à cette époque, ils étaient déçus par ces parachutages au compte gouttes malgré les promesses qui leur avaient été faites. Certes il y a les armes françaises récupérées en 1940 dans les casernes de Gap à l’arrivée des Italiens, il y a celles qu’ont laissées les Italiens à leur départ en octobre 1943, celles récupérées par-ci par-là dans la vallée du Champsaur. Mais c’est largement insuffisant. Les parachutages ne comblent pas le manque d’armes.

3 / Le soir du 18 février 1944, un autre parachutage a lieu. Le groupe écoute attentivement radio-Londres lorsque tombe la phrase annonciatrice d’un parachutage « …les descentes sur les neiges sont rapides, je répète les descentes sur les neiges sont rapides ». Cette fois c’est le secteur ! Un ancien Résistant ajoute « nul ne peut imaginer la joie et la fièvre qui régna alors parmi nous ». Le terrain convenu se trouve presque au sommet de Saint Jean (au plateau de Céüze), une clairière au milieu des bois. Il y avait à cette époque 1m50 de neige ! Vers une heure du matin, l’avion se présente, reçoit correctement les signaux et laisse tomber les précieux containers. Il faut suer malgré le froid pour les arracher à la neige, charger les uns sur des traîneaux, mettre les autres sur des plaques de tôle et les faire glisser en les retenant sur la neige. Enfin après plusieurs heures d’efforts, tout arrive à bon port, les cylindres d’armes, les paniers de chaussures et les vivres.

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Sten Cylindre d’armes et mitraillette « Sten ». Chaque maquisard en reçoit une.

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Une partie des armes est également distribuée dans la vallée. La vie des maquisards commence à se transformer. Ils vont pouvoir enfin s’entraîner sérieusement.

Grand MorgonGrand Morgon, un des lieux de parachutage, non loin de Savines le Lac. Photo inédite aimablement transmise par la famille du Lieutenant Paul Marie Radius.

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4 / le 2 et 12 avril 1944 un 4eme et 5eme parachutage d’armes a lieu sur le même terrain à Saint-Jean (plateau de Céüze). La neige a fondu et le travail de récupération est plus simple. Quelques précisions pour le 12 avril 1944 : 10 tonnes de matériel (armes et ravitaillement) doivent être récupérées. A partir de 5 heures du matin, plus de 50 hommes sont sur le terrain. Ils ne termineront que le soir, totalement exténués. « Il y avait de tout : armes automatiques, munitions en grand nombre, explosifs, matériel de sabotage, viande en boîte, sucre, café, chocolat, fruits confits, chaussures, des parachutes…». Une bonne partie du matériel est enterrée sur place. Un plan des cachettes est établi et gardé par Paul Marie Radius. Malheureusement ce dernier est arrêté le 20 juin 1944 et les allemands trouveront ce plan sur lui ! (imprudence de sa part?) Quelqu’un l’a dénoncé. Il sera fusillé le 10 juillet 1944 (10 jours avant la Libération). JB Rouxel, son grand ami, est arrêté à son tour lors d’un barrage routier à l’entrée de Gap. Une 2eme grande figure de la Résistance vient de tomber. Il mourra en déportation (16 mars 1945) et l’une de ses dernières paroles sera « je suis fier de ne pas avoir parlé… ».

5 / le 6 juin 1944 même type de parachutage dans la vallée de l’Ubaye.

 

Le 10 juin 1944, les Allemands envoient une colonne de 300 hommes sur le plateau Saint-Jean pour essayer de récupérer ce matériel. Ils sont très bien renseignés… mais finalement redescendent bredouilles. Ils arrêtent malgré tout René et Émile Michellon. Ce dernier sera utilisé (!) quelques semaines plus tard comme bouclier humain sur un camion allemand entre Gap et Grenoble (je pense au moment de la débâcle). Alors que les combats font rage, il est finalement atteint au bras à Monestier de Clermont. Il sera libéré par les Américains quelques jours plus tard. Quant à René, malade au moment de son arrestation, il est mené sous bonne garde à l’hôpital. Grâce à l’aide d’une infirmière allemande, il arrive à s’échapper. Les deux frères Michellon seront bien vivants à la Libération.

Dans le Champsaur, deux parachutages devaient avoir lieu en 1944, l’un aux Tourronds sur le plateau de la Planure et l’autre aux Fermonds mais l’avion n’est pas venu. Par contre un parachutage s’est déroulé comme prévu aux Estaris. La vallée du Champsaur est très encaissée et faire un largage de nuit ne devait pas être évident pour les pilotes avec les instruments de navigation de l’époque. C’est la vallée de l’Ubaye qui manifestement a été préférée par les Alliés.

1944, c’est aussi le combat de Laye

Le combat de Laye (17/07/1944) a toujours eu dans le cœur des Champsaurins une place particulière, même de nos jours. Toutefois, le sentiment est mitigé : ils sont fiers de leurs Résistants mais très critiques sur la façon dont ce combat s’est déroulé. De grosses erreurs ont été commises, soldées par 4 morts parmi les jeunes Français, un blessé côté Allemand et des représailles immédiates avec 7 fermes incendiées par les Allemands sur les 14 que comptait le village de Laye.

Il s’agit d’un épisode tout à fait étonnant. La manœuvre semble avoir été avalisée par Paul Héraud chef de la Résistance des Hautes-Alpes et exécutée par la Trentaine d’Elisée Ebrard de St Laurent du Cros … Quelques anciens Maquisards de Champoléon se sont joints au groupe (la mort d’Henri Parmentier en témoigne), ainsi que des scouts du groupe de Saint Léger les Mélèzes (avec la mort du jeune Para) et de jeunes Espagnols qui fuyaient la dictature de Franco.

Voici les faits : les Résistants apprennent qu’un des leurs a été arrêté à Saint-Bonnet et qu’il va être transféré sur Gap par une voiture de la Gestapo. Curieusement, personne n’a été capable de nous donner le nom de ce prisonnier, même parmi les plus anciens.

Cette voiture va traverser le village de Laye non loin du col Bayard. Il est donc décidé qu’elle sera interceptée au seul endroit du trajet où la côte est suffisamment importante pour ralentir le véhicule.

Roberts Laye 1944

La côte des Roberts où la Gestapo a été attaquée.

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Les maquisards s’étaient répartis en 4 groupes. Le commandement se trouvait au dessus du cimetière du village, à l’emplacement du grand mémorial actuel (afin de bien dominer les mouvements), deux groupes se trouvaient en contre-bas le long de la Nationale et le 4eme groupe se trouvait à l’embranchement de la route du village du Cros. Le commandement des maquisards était visible de loin mais cela n’avait pas beaucoup d’importance car l’opération devait être très rapide.

Il s’agissait donc au départ d’une « mission commando », éclair, pour libérer un prisonnier. Mais en quelques secondes tout va basculer. Un jeune combattant (on m’a signalé que c’était un Espagnol) tire trop tôt sans attendre l’ordre de le faire. Les Allemands ayant entendu le coup partir, font preuve d’expérience et s’arrêtent avant l’endroit prévu par les Maquisards. Ils évitent le pire. Ils se mettent en position de riposte. Mais, beaucoup plus grave, les Résistants ne savaient pas qu’un camion rempli de soldats arrivait juste derrière.

Le combat s’engage durement alors que les Français auraient dû décrocher rapidement. Paul Héraud qui était partisan des attaques « éclairs », fulmina plusieurs jours contre cet acharnement au combat et déplora amèrement les morts. Le colonel Jean Sassi (lieutenant à cette époque) dans son livre de 2008 parle de façon peu élogieuse de Laye « …au combat, c’était n’importe quoi. Pour une guérilla, c’est l’embuscade qui prime… on se positionne dans l’attente du convoi ou de la patrouille. Au coup de sifflet, on crache, dix minutes maximum, puis on décroche vers le point de ralliement, en sprintant… surtout avec les Allemands rompus à la contre-guérilla…». Mais le colonel Sassi avait toujours, 63 ans après les événements, une façon très polémique de parler de la région en ayant des propos déplacés. Juste retour, les Champsaurins ne le portent vraiment pas dans leur cœur et nous verrons pourquoi un peu plus loin.

A Laye, les choses ne se passent donc pas comme prévu et tout se complique.

Les deux camps vont chercher des renforts et les combats s’intensifient. L’accrochage est repéré par la troupe Allemande du col Bayard et l’alerte est donnée. Anecdote (qui aurait pu être très grave) : une fillette du village a traversé la route en plein milieu de la fusillade complètement inconsciente de ce qui se passait. Elle a pu malgré tout renseigner les Maquisards sur les positions allemandes !

Les combats ont duré jusqu’à la tombée de la nuit, tardivement en Juillet. Dépités par cette attaque, les Allemands ont brûlé 7 maisons sur les 14 que comptait le village et il s’en est fallu de très peu pour que des exécutions sommaires n’aient lieu parmi la population au moment du rassemblement général des habitants. L’officier s’y opposa …

Les Maquisards apprendront au retour de cette mission ratée, que la voiture de la Gestapo (la même) avait abattu froidement, le matin même, juste avant ce combat, un Champsaurin dénommé Paulin Faure, au niveau des « Barraques » près de Saint Bonnet. En effet, voulant aider une personne âgée à se rendre à Gap, il avait fait signe à cette voiture banale pour qu’elle s’arrête. Il ne savait pas qu’il s’agissait en fait de la Gestapo. Afin de dégager la route ou peut-être par peur d’une embuscade, les Allemands tuèrent cet homme froidement sans sommation.

Une personne âgée m’a signalé que Paulin Faure aurait été très maladroit dans sa manœuvre en se mettant au milieu de la route pour obliger la voiture à s’arrêter. D’où la réaction excessive de l’officier.

La vieille dame traumatisée par l’exécution sommaire de son bienfaiteur, a été prise en charge malgré tout par le convoi allemand (avec les soldats) pour être accompagnée jusqu’à Gap. Selon toute vraisemblance, elle fut donc témoin 10 minutes plus tard du combat de Laye…bien malgré elle. Dure journée madame ! Nous comprenons mieux aussi le retard qu’avait pris le camion militaire par rapport à la voiture de son officier !

Les conséquences du combat de Laye:.

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Il y eut quatre morts côté français et de nombreux blessés. Voici les noms de ces 4 jeunes :

Panzini Roger. Il s’agissait d’un jeune Marseillais réfugié dans le Champsaur

Para Amédée : il était issu du scoutisme. Les événements se déroulèrent en quelques secondes : il a voulu informer ses camarades qui se trouvaient un peu plus loin, qu’une manœuvre allait se dérouler. L’information était importante. Sa dernière parole a été « ce sera ma BA (bonne action) de la journée ». Il n’avait pas fait quelques mètres qu’il a été abattu par une rafale de mitraillette.


Parmentier Maurice : c’est un des jeunes Alsaciens accueillis clandestinement par le Père Louis Poutrain en 1942 à la cure du village de St Jean. En 1942 et 1943 il participait aux entraînements du maquis de Champoléon et il a réchappé à la rafle de novembre 1943. Il semble qu’il ait rejoint ensuite la Trentaine de St Laurent du Cros concerné au premier plan par le combat de Laye.

Vallon Henri. Il était étudiant et vivait à Gap.

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Memorial-du-jeune-Amedee-ParaMémorial de ce combat, érigé par les scouts en mémoire d’Amédée Para. Le mémorial est fleuri plusieurs fois par an encore aujourd’hui.

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Après ce combat, les Allemands prirent conscience de l’importance de la Résistance sur le secteur, de la modernité des armes et n’osèrent plus s’aventurer dans la vallée. Ils demandèrent du renfort en haut lieu qui ne vint jamais. Et lorsque les troupes allemandes remonteront vers Vizille en Août 1944, la Résistance les harcèlera sur tout le trajet pour finalement les obliger à se rendre à Vizille. (voir le récit plus loin)

Pourquoi ce combat a-t-il été critiqué ?

1 / Le premier reproche a été d’attaquer en un lieu si proche des habitations. Les civils ne devaient pas être mêlés à ce combat militaire. D’ailleurs 2 événements prouvent que le reproche était quelque peu justifié : en plein combat une petite fille a traversé la Nationale sans se rendre compte du danger, et surtout le soir, sept habitations ont été brûlées par représailles. Une habitante me signalait même qu’en plein combat un Résistant s’était réfugiait dans sa grange ! … et de rajouter, complètement dépitée « ce combat était une improvisation totale. »

2 / Le deuxième reproche est venu de la hiérarchie militaire. Après l’attaque il fallait décrocher très vite et partir. Les Allemands n’auraient pas eu le temps d’appeler du renfort. Toutefois, il faut rappeler que les Français ont été très rapidement encerclés et ont du se battre surtout pour se dégager.

3 / On a reproché aux chefs de cette mission d’avoir pris des hommes trop jeunes, et inexpérimentés, expliquant le coup de feu prématuré (Duchamblo signale qu’il y en a eu deux) et la mauvaise tournure des événements.

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Laye en ChampsaurLe village de Laye traversée par la route Napoléon. Photo prise en altitude juste au dessus du mémorial. L’attaque s’est déroulée sur la Nationale, tout à fait à droite.

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4 / Le commandement des maquisards se trouvait au dessus du cimetière, à l’emplacement du grand mémorial actuel, visible de très loin : beaucoup trop visible. Au premier coup de feu, les Allemands du col Bayard les ont repérés et ont appelé des renforts.

Juste après Laye, un épisode incroyable !

Après ce combat, les Résistants déploraient parmi eux des blessés dont un qui inquiétait beaucoup ses camarades. Le médecin du secteur est finalement appelé en urgence. Il confirme la gravité de la blessure avec pronostic vital engagé. Il conseille l’opération dans les plus brefs délais. Un Résistant descend à Gap pour aller chercher le Dr Coronat, médecin du Maquis. Malheureusement ce médecin, soupçonné par les Allemands, est assigné à résidence et ne peut pas se déplacer. Les maquisards décident donc que le blessé sera déguisé en femme enceinte et descendu à Gap pour une opération de la dernière chance. C’est une manœuvre très risquée.

Le petit groupe rentre à l’hôpital sous le nez des Allemands et arrive sans encombre jusqu’au bloc opératoire où le Dr Coronat les attend pour ce travail. Au dernier moment un soldat Allemand (Autrichien en réalité) semble avoir un doute. Il demande à assister à l’accouchement. Une fois dans le bloc opératoire, tout le monde se dévoile et le soldat Autrichien opte pour fermer les yeux et se tait. Lui aussi a pris, par humanité, un risque énorme avec sa hiérarchie. Le blessé est sauvé !

Le 7 Juillet 1944 est un jour fondateur

En 1944, nous venons de le voir, la Résistance a pu s’unifier sous la bannière des FFI. C’est le lieutenant-colonel Drouot L’Hermine qui sera désigné par les instances nationales et le général Zeller, pour commander le secteur centre des Hautes-Alpes, c’est à dire Champsaur, Valgaudemar, Dévoluy.

Lorsque Drouot L’Hermine arrive le 7 juillet 1944 de la Drôme pour commander la Résistance des Hautes-Alpes, toute la région est prête aux combats. Ce n’est plus un secret, le débarquement de Provence va avoir lieu. Depuis le débarquement de Normandie (6 juin 1944), tout le monde est galvanisé.

Dès son arrivée, Drouot forme des commandos, appelés commandos l’Hermine qui prendront quelques mois plus tard une part importante dans les combats. Ils seront composés essentiellement de Résistants de la Drôme et du Champsaur qui étaient déjà sur place entre 1941 et 1943.

Les commandos L’Hermine (dont les effectifs changeront au fur et à mesure de leur progression vers l’Allemagne), poursuivront l’ennemi jusqu’à la frontière nord-est, participeront aux batailles d’Héricourt, Belfort, Bourbach et enfin Bischwiller. Les combats seront très rudes et 82% des  hommes des commandos L’hermine seront tués ! Lui-même sera blessé dans la poche de Belfort. Il recevra alors l’ordre d’arrêter les combats et de redescendre ses troupes à Valence. Ainsi se terminera quelques mois plus tard son combat héroïque !

Qui est Drouot l’Hermine ?

Lieutenant-Colonel Jean Drouot L'Hermine 2

Le Lieutenant-Colonel Jean Drouot l’Hermine (ou Lhermine) est né le 15 septembre 1907 à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône).

Il accède au commandement des Hautes-Alpes à l’âge de  37 ans ! Il a été avant cette nomination, chef des FFI de la Drôme où son action avait été particulièrement remarquée, efficace, parfois incroyablement audacieuse, chaque fois d’un courage hors norme. Vous pouvez en lire un résumé sur le site suivant : http://www.triel-sur-seine.fr/jean-drouot-l-hermine.htm .

 

Voici l’essentiel de son action (et celle de son groupe) pour l’année 1943 dans la Drôme :

  • 108 attaques contre la circulation ferroviaire
  • 107 locomotives hors d’usage
  • 500 allemands tués et 1 millier de blessés (ce n’est pas le plus glorieux…)
  • 5 agents de la Gestapo et 25 indicateurs tués.
  • 20 usines en partie détruites
  • 57 destructions de lignes à haute tension
  • Réception de parachutages issus de 67 avions

Sur ce site, vous trouverez également son action en 1940, 1941, 1942.

 

Le colonel Drouot doit donc quitter la Drôme et rejoindre les Alpes…..

Drouot arrive dans la région avec cette réputation énorme de héros de la Résistance acquise dans la Drôme. Mais paradoxalement il fait peur. Pourquoi ? Une Résistance est déjà en place, et elle ne tient pas à se faire chapeauter par lui, d’autant que certains signalent que dans la Drôme ses relations avec ses hommes étaient tendues (tout spécialement avec les FTP communistes). Dans le Champsaur (très FTP), tout un équilibre va être perturbé. Que va faire ce nouveau venu ? Ne va t-il pas provoquer des heurts inutiles avec les Allemands ?

Une arrivée spectaculaire dans le Champsaur confirme les craintes. En effet le 7 juillet 1944, après 7 jours d’un voyage mouvementé, Jean Drouot-Lhermine et 9 officiers en uniforme (+ quelques FFI de la Drôme) arrivent dans le secteur, traînant derrière eux 3 tonnes de matériel. Ils se montrent partout en uniforme français, sillonnant les routes avec le fanion tricolore au vent. Heureusement que plusieurs témoignages sont concordants car autrement nous aurions du mal à le croire. Ils créent ainsi de tels remous dans la région que les Allemands sont immédiatement informés. A Gap les Allemands ne s’engagent plus dans la vallée du Champsaur autrement qu’en convois lourdement armés, attachant parfois des otages  à leurs camions ou à leurs automitrailleuses.

Parmi les 9 officiers de Drouot se trouvent 3 membres du commando Chloroform, les fameux Jedburghs. Ces commandos avaient été formés très durement en Angleterre. On peut rappeler leur nom :

  • 1 / Macintosh qui a été décoré à la Libération de la Croix de Guerre avec étoile d’argent, 3eme niveau. (Information donnée par un fils de Résistant).

  • 2 / Le sous-lieutenant Sassi, militaire assez controversé, décoré de la Croix de Guerre 1er niveau (source identique). Le rôle du Sous-lieutenant Sassi a été important : celui d’opérateur radio. Il connaissait tous les codes anglais, les façons de procéder avec les Alliés. Il a été formé pour ça. Il deviendra colonel plus tard, après l’Indochine et l’Algérie. Dans son livre de mémoire, Sassi affirmait en 2008 « … entrer dans l’action, dans le combat, être parachutés  sur la France était l’obsession de nos groupes de commandos ». Il sera connu des anglais sous le nom de « Latimer »

  • 3 / Jacques Martin, à priori non décoré, en tout cas aucune information allant dans ce sens.

Les Anglais comptaient beaucoup sur ces Jedburghs, formés chez eux, pour encadrer les Maquisards. Par contre ces même Anglais n’avaient aucune confiance dans la Résistance locale et le Général de Gaulle en fera les frais. Ce dernier ne sera même pas informé de la date exacte du débarquement afin qu’il n’y ait pas de fuite ! Au moment de la Libération, même logique, les décorations sont allées vers ces hommes connus des Alliés, mais beaucoup moins vers les maquisards du Champsaur qui pourtant s’étaient battus à leur côté. Il y a donc eu beaucoup de rancœur concernant ces décorations et quelques propos acerbes à l’encontre de Drouot-LHermine et des Jedburghs arrivés le dernier mois pour cueillir le travail des Champsaurins et recevoir la reconnaissance hiérarchique. Nous en reparlerons plus loin.

Le colonel Drouot-Lhermine et le sous-Lieutenant Sassi se dirigent donc sur ordre du général Zeller dans un premier temps vers le Vercors, puis dans un deuxième temps vers les Hautes-Alpes.

Drouot-Lhermine a environ 2 mois pour optimiser la Résistance existante. Elle existe, elle est même assez importante. Il arrive dans la vallée le 7 juillet 1944 et le débarquement de Provence aura lieu le 15 Août 1944.

Informés de ces mouvements, les Allemands de Gap demandent du renfort en haut lieu, à plusieurs reprises, mais en vain.

Une prise de commandement difficile pour Drouot L’Hermine:

Certains chefs locaux refusent d’obéir, de suivre ses instructions. La haine entre certains hommes commence à se faire sentir. A plusieurs reprises le Lieutenant Sassi dégaine son arme pour se faire respecter (ce qui n’est jamais bon signe), d’où cette réputation sulfureuse qui l’a suivi pendant plusieurs années. De mémoire, il est même allé jusqu’à dégainer son pistolet dans un bar de Pont du Fossé ! Il semble avoir eu des propos méprisants à l’égard des Résistants (il était très fier d’être Jedburgh) et s’est accroché avec le capitaine Baudel vertement alors que ce dernier était non seulement responsable du secteur depuis 1942 et de surcroît capitaine donc supérieur hiérarchique ! En 2008 dans son livre, le colonel Sassi avait encore des propos déplacés, jugeant même « que les Champsaurins se battaient comme en 14-18 ». Cela n’a pas du tout été apprécié des Maquisards. Juste après la Libération il a quitté immédiatement la région et certains m’ont écrit par courriels qu’il aurait pu craindre pour sa vie et il le savait. Officiellement Sassi a justifié son départ rapide de Gap en prétextant qu’il avait été écœuré par les exécutions sommaires perpétrées juste après la Libération et le sort odieux réservé aux femmes accusées de « collaboration horizontale » avec les Allemands…

Voici un témoignage reçu sur Drouot (parmi d’autres) :« Quant à Drouot, que Zeller a nommé « responsable de la Résistance dans les Alpes centrales», c’était une fonction  pour le faire partir de la Drome, où il s’était mis à dos tous les FTP. C’était une fonction fictive où il a surtout paradé. Et il a participé à la libération de Gap comme toutes les autres unités, et sans décider de rien ( le plan d’attaque a été conçu par Paul Héraud avant sa mort et accepté par les alliés, réalisé par Etienne Moreaud) tout en prétendant l’avoir libéré seul.» (JPP)

Un témoignage reçu sur Sassi (parmi d’autres) « …Sassi n’était qu’un simple opérateur radio. Qu’a donc fait Sassi à cette époque pour mériter la Légion d’Honneur ? Il était au milieu de vrais héros courageux au moins autant que lui et il n’a pas pu agir mieux qu’eux…ce qu’il dit dans son livre est complètement éhonté voire calomnieux pour les vrais Résistants…..le sous-lieutenant Sassi n’a acquis que la croix de guerre 1er niveau… Il prétend que le père Ludovic (des Borels) aurait déterré pour lui 107 fusils Lebel alors qu’avec le capitaine Henri Baudel, ils avaient passé plus d’un an à organiser tout ça … je pense que la valeur que se donne Sassi dans son livre de 2008 relève de l’imaginaire et tout son jugement est réellement faussé ». Et de conclure un peu plus positivement «  En conclusion, mon but n’est pas de descendre Sassi ou Drouot mais de mettre en évidence la valeur des résistants du Champsaur, et en particulier ceux de Saint-Laurent du Cros. Vous le dîtes, c’est exact, Sassi était légitime car joint aux Jedburghs via le gouvernement de la France Libre… ». ( Fils de Résistant désirant garder l’anonymat)

J’ai ainsi reçu de nombreux témoignages allant dans ce sens.

Et pourtant tout va se mettre en place…

Face à l’ennemi Allemand et pour le bien supérieur de tous, le Maquis se calme et comprend que les hommes de Drouot arrivent avec un mandat légitime.

Les Résistants sont armés avec du matériel moderne (grâce aux parachutages) et les militaires circulent dans la vallée pour donner les instructions. En 1944 Maquis et Trentaines sont finalement très mêlés à travers ces formations.

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Aimé RouxPhoto inédite. Elle m’a été adressée par Mme Roux-Laurent.

(probablement la Trentaine Piot). Ils ont entre les mains une mitraillette Browning calibre 30. Efficace mais pas très moderne.

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Résistants à l’entraînement. Photos inédites, Mme Laurent-Roux.

 

Malgré les oppositions internes, les commandos « Lhermine » vont se multiplier.  C’est l’occasion de préciser que le nom « Lhermine » était un surnom de guerre pour le colonel Drouot (il l’avait reçu pour la 1ere fois chez les scouts comme nom de totem car il était très blond ). Il garda les 2 noms (Drouot et L’hermine) après la guerre sur décision administrative afin de faciliter le lien entre cette période de guerre et la reprise d’une vie sociale normale.

Pendant 2 mois les maquisards s’activent !

Il faut remettre leurs actions en perspective. Le débarquement de Normandie a eu lieu le 6 juin 1944. Tous les Résistants sont galvanisés par cette annonce. Ils savent que le débarquement de Provence ne va pas tarder. Leur courage redouble !

  • En cette année 1944, en lien avec les Maquisards de la vallée de l’Ubaye ils font sauter la voie ferrée Briançon-Gap à de nombreuses reprises, 17 fois pour la seule ligne Veyne-Briançon. Ils veulent absolument bloquer les déplacements ennemis ! Seul le manque d’explosifs les limite.

  • Paul Héraud aidé de Galetti et d’Edouard, vont, grâce à 30 kg de dynamite, essayer de faire sauter l’usine d’Argentière qui fabrique 650 tonnes d’aluminium par an. Il s’agit d’une demande des Anglais. Mais le sabotage est partiellement loupé car la première charge de dynamite, en explosant, a désamorcé les autres charges qui se trouvaient à proximité. La deuxième tentative, beaucoup plus dangereuse car les Allemands avaient mis des sentinelles, sera réussie (ce soir là, les gardes s’étaient endormis).

  • Paul Héraud fait sauter à répétition les lignes téléphoniques et les lignes à haute tension avec Jean Le Petit et Raymond Ribaud pour gêner les Allemands qui en sont exaspérés. Duchamblo signale par ailleurs « que de braves gens à cette époque ne comprenaient guère la raison de tous ces sabotages et maugréaient contre « les types du maquis ». A quoi riment toutes leurs histoires ? On dirait que ces gens-là ne détruisent que pour le plaisir de détruire et d’ennuyer ! ». En compagnie de Jean Roux, de son ami Moreaud et de Lombard, il prive également d’électricité Saint Auban en faisant sauter un gros pylône du côté du Poët.

  • Toujours lui, Paul Héraud arrive à mettre deux usines de Saint Auban en arrêt total. Il est aidé de Moreaud et de Robert Antoine.

  • Le capitaine Baudel, accompagné du lieutenant Céard, de B. Poirier et de quelques maquisards va chercher un stock d’armes qui vient d’être parachuté dans la Drôme. Malgré les énormes risques …tout se passe bien.

  • Ils organisent des secours à l’égard des réfugiés du Vercors.

  • Du côté d’Aspres le lieutenant Céard sous les ordres d’Henri Baudel surveille la route. Tout convoi allemand arrivant sur le secteur est attaqué (source R. Duchamblo).

  • Sur le secteur de Paul Heraud, à La Faurie (à 35 km de Gap), un convoi Allemand de 50 camions accompagné d’une auto mitrailleuse se dirigeant vers le Vercors est accroché par le maquis. L’ennemi n’arrive pas à passer et un rude combat s’engage. Ils n’arriveront à passer qu’au bout de 24h, grâce à de gros renforts. Les pertes seront terribles pour eux. Quelques jours plus tard au même endroit, même scénario.

  • Les maquisards attaquent à plusieurs reprises la RN 94 (route Gap-Briançon), détruisant tout le matériel Allemand... A partir de là, l’ennemi est beaucoup plus prudent car il pense être encerclé de toute part autour de Gap. Les Allemands n’osent plus s’aventurer en dehors de la ville. Leur capitulation le 20 Août 1944 à Gap, face aux commandos l’Hermine, avant l’arrivée des Américains, est en partie due à cette intime conviction… conviction, à vrai dire, que les Résistants ont su faire passer.

  • Le 8 juin 1944, il est demandé à Paul-Marie Radius (ordre de Mermet) de rejoindre le groupe de maquisards de Barcelonnette pour verrouiller la vallée de l’Ubaye. A cet effet ils font tomber quelques gros sapins et un camion est mis en travers, trois FM sont bien positionnés, les hommes sont prêts au combat. Il y a une grosse effervescence car l’affrontement va avoir lieu d’égal à égal avec les allemands. Mais rien ne se passe et deux jours plus tard, l’opération est annulée.

  • La veille du débarquement (Drouot en est informé), ses hommes font sauter le pont de chemin de fer à Savines et les derniers ponts routiers.

  • Paul Héraud étant aussi responsable du secteur R2 (le sud-est), il organise de nombreux sabotages dans les Bouches du Rhone dont un spectaculaire à Gardanne (« un vrai feu d’artifice » nous signalait un ancien Résistant). L’usine d’aluminium de Gardanne est largement inutilisable (sur ordre venant d’Angleterre).

  • Une course poursuite a eu lieu le 10 Aout 1944 jusqu’au fond de la vallée du Valgaudemar (soit dix jours avant la libération). La surprise fut double dans cette vallée car les habitants y vivaient depuis le début de la guerre comme en terre libre (pas d’Allemand) et par ailleurs on savait que depuis les combats de Laye les Allemands ne s’aventuraient même plus dans le Champsaur.

Voilà donc ce qui est arrivé et qui aurait pu très mal tourner ……

Le groupe de Maquisards mené par le lieutenant Stavro a été finalement repéré par les Allemands. Une course poursuite s’engage  à travers le Champsaur. Les résistants n’ont plus de munitions et sont à bout de force. Ils sont épuisés. Arrivant à la bifurcation vers la Chapelle en Valgaudemar ils hésitent : soit ils vont tout droit vers La Mure et Grenoble avec le risque de tomber sur une autre patrouille allemande qui viendrait dans l’autre sens, soit ils entrent dans cette vallée très encaissée, en cul de sac, d’où ils ne peuvent plus sortir. Le lieutenant opte pour rentrer dans la vallée et ce fut très judicieux. Les Allemands ont peur d’une embuscade mais les poursuivent jusqu’à Villard Loubière. Puis prudents ils font demi-tour et ressortent de la vallée. Les maquisards épuisés sont accueillis deux villages plus loin. Ils sont cachés dans l’église où on leur donne les premiers soins. Puis ils s’endorment aux dires des témoins avec une rapidité étonnante. Tous furent sauvés. Dix jours plus tard c’était la Libération.

 

 

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– 1 / Résistance dans le Champsaur de 1939 à 1941 :     Cliquez ICI.
– 2 / Mise en place de la Résistance de 1942 à septembre 1943 :   Cliquez ICI
– 3 / Le 3 septembre 1943, arrivée des Allemands dans le Champsaur : Cliquez ICI
– 4 / La grande année des maquisards en 1944 :  Cliquez ICI.
– 5 / Spectaculaire  Libération de Gap le 20 Août 1944 :  Cliquez ICI  
– 6 / Libération des Hautes-Alpes : Cliquez ICI  .
– 7 / Champsaurins morts pour la France (noms et circonstances) :  Cliquez ICI.
– 8 / Paul Héraud : chef de la Résistance dans le Champsaur : Cliquez ICI .
– 9 / Pierre Poutrain  : un Résistant exceptionnel….fusillé le 19 juin 1944 : Cliquez ICI  .
– 10 / Paul-Marie Radius : Saint-Cyrien, Grand Résistant…..fusillé le 10 juillet 44 à 24 ans : Cliquez ICI .
– 11 / Histoire d’une famille juive dans le Champsaur :  cliquez ICI 
– 12 / Léon Michel : ancien résistant passé à la Gestapo. Une histoire sidérante :  Cliquez ICI.
– 13 / Ange Zanotti : résistant dans le Champsaur. Lettre de sa famille : Cliquez ICI .
– 14 /Aimé Roux : résistant dans Champsaur, mort en Indochine : Cliquez ICI.
– 15 / Souvenirs de guerre d’un petit enfant (JP Clot, chirurgien) : Cliquez ICI.
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